Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en mai dernier, 50 millions de personnes à travers le monde seraient atteintes de démence, ce qui coûterait environ 818 milliards de dollars par an en soins. Ce diagnostic pourrait tripler d'ici 2050.

L'âge est évidemment l'un des principaux facteurs du développement de troubles cognitifs, mais il n'est pas le seul. Le mode de vie est également lié. Les risques de démence sont favorisés par l'inactivité physique, le tabagisme, une alimentation malsaine et une consommation excessive d'alcool. L'état de santé général d'une personne entre aussi en considération (obésité, diabète, ...) ainsi que sa situation sociale (isolement, dépression, situation socio-économique, ...).

Plusieurs études ont déjà démontré qu'un tiers des cas de démence pourrait être évité en améliorant son style de vie. Cependant, aucune n'a su dire si cela était aussi le cas pour des personnes ayant des prédispositions génétiques à la démence jusqu'à une récente étude du docteur David Llewellyn de l'Université d'Exeter (Royaume-Uni).

Avec son équipe, il a récolté les données de près de 200 000 personnes d'ascendance européenne âgées de plus de 60 ans n'ayant aucun problème cognitif. Tous les individus ont été séparés en 5 groupes égaux en fonction de leurs risques génétiques de contracter la maladie d'Alzheimer. Ensuite, les chercheurs ont observé les modes de vie des participants après leur avoir fait quelques recommandations (faire de l'exercice, ne pas fumer, boire au minimum un verre d'alcool pour les femmes et deux pour les hommes, diminuer la consommation de viande, ...). Chacun a reçu ensuite une note sur sa santé globale en fonction de son mode de vie.

Les chercheurs ont suivi les participants pendant 8 ans. Durant cette période, 1 769 personnes, soit moins d'1% de l'échantillon total, ont développé un trouble cognitif.

Les résultats ont montré que la proportion des personnes ayant développé une forme de démence tout en menant un mode de vie sain est inférieur à celle des personnes "malsaines" (0,8% contre 1,2%). Ces résultats semblent indépendants des prédispositions génétiques.

Les scientifiques ont déclaré qu'ils continueraient à observer les participants à l'étude car ceux-ci sont encore jeunes et peuvent développer plus tard des troubles cognitifs.

L'étude a évidemment des limites. Le docteur Gill Livingstone, de l'University College London, qui n'a pas participé à la recherche, estime que les facteurs étudiés liés à un mode de vie sain étaient trop réduits et que les recommandations des chercheurs ont eu comme résultat que les participants avaient un mode de vie plus sain que la population en général. Elle ajoute tout de même que l'étude reste intéressante et prouve qu'un mode de vie sain réduit le risque de démence, peu importe les prédispositions génétiques de chacun.

Loreline Dubuisson