L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé ces derniers cas en Ouganda, qui s'était mis en état d'alerte depuis le début de l'épidémie il y a dix mois dans l'est de la RDC. "Le garçon testé positif pour Ebola hier à Kasese est décédé la nuit passée dans l'unité de mise en quarantaine", a annoncé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un responsable du ministère ougandais de la Santé, confirmé par une ONG active dans l'ouest du pays. Deux membres de la famille du garçonnet, qui avaient été placés en quarantaine avec des symptômes correspondant au virus, sont également atteints de cette maladie, a indiqué l'OMS, citant la ministre ougandaise de la Santé, Ruth Aceng.

"Comme le veut la pratique pour les cas d'Ebola, il est recommandé que les victimes soient enterrées immédiatement et (le garçon) le sera vraisemblablement aujourd'hui", a ajouté la même source. L'enfant était parti avec sa famille du district de Kasese (ouest de l'Ouganda) pour assister à des funérailles en RDC et il est tombé malade à son retour en Ouganda, avait indiqué mardi la ministre de la Santé.

L'enfant, de mère congolaise et de père ougandais, a été emmené à l'hôpital de Kagando (district de Kasese) car il a commencé "à se sentir mal" après avoir traversé la frontière. Ses symptômes incluaient le mal de tête, des diarrhées sanglantes, des douleurs abdominales et des vomissements de sang. "C'est une famille qui vit en Ouganda et qui était venue en RDC au chevet du père de la maman, décédé d'Ebola le 27 mai 2019", a expliqué mercredi Mme Aceng. En raison de ses contacts avec un patient mort d'Ebola, et indépendamment d'éventuels symptômes, la famille avait été placée "en isolation" en RDC, mais "durant l'isolation certains membres de la famille ont traversé en Ouganda", a poursuivi la ministre congolaise. "Dès qu'ils ont traversé, nous avons contacté les autorités ougandaises".

La famille a été mise en quarantaine dès mardi à Bwera, une ville proche de la frontière congolaise. Les autorités ougandaises ont par ailleurs identifié huit personnes ayant été en contact avec cette famille, selon la ministre. "Les autorités vont vacciner ces huit contacts, et les contacts des contacts, ainsi que s'assurer que tous les professionnels de la santé dans le district sont vaccinés".

L'être humain s'infecte par contact soit avec des animaux infectés (en général en les dépeçant, en les cuisant ou en les mangeant), soit avec des liquides biologiques de personnes infectées. Une équipe de spécialistes a été envoyée dans la ville de Kasese pour essayer de retrouver d'autres cas probables et de vacciner ceux qui auraient pu entrer en contact avec l'enfant, a indiqué l'OMS.

Et une "Task Force" sur Ebola se réunissait mercredi dans le district de Kasese. Les autorités font face au défi d'une frontière poreuse entre l'Ouganda et la RDC, traversée par de très nombreuses personnes venues faire du commerce ou chercher des soins médicaux. Selon l'OMS, l'Ouganda a vacciné près de 4.700 membres du personnel de santé avec un vaccin expérimental. Le pays a déjà connu des épidémies d'Ebola. La plus récente remonte à 2012. Deux cents personnes avaient trouvé la mort en 2000 au cours d'une épidémie dans le nord du pays.

En RDC, l'épidémie actuelle est la dixième depuis 1976 et la deuxième la plus grave dans l'histoire de la maladie, avec plus de 2.000 cas enregistrés dont les deux tiers sont morts, après les quelque 11.000 morts en Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) en 2014. Le pays échoué jusqu'à présent à enrayer l'épidémie, notamment en raison des attaques des milices ou de l'hostilité de la population vis-à-vis des centres de soin.