"Un problème international"

Cet appel fait suite à la publication de chiffres récents qui révèlent que, en 2015-2016, plus d'un demi-million d'adultes âgés de 55 à 74 ans avaient été admis dans les hôpitaux britanniques pour des problèmes (maladies, blessures,...) davantage liés à l'alcool qu'à leur âge. Pour le Dr Tony Rao, psychiatre spécialisé dans le troisième âge et auteur d'un article sur le sujet dans le British Medical Journal (BMJ), le problème va même au-delà de la consommation d'alcool. "Cela ne concerne pas que l'alcool, mais aussi les substances illicites comme le cannabis, et également des médicaments couramment prescrits comme les analgésiques opioïdes", avertit-il. "...

Cet appel fait suite à la publication de chiffres récents qui révèlent que, en 2015-2016, plus d'un demi-million d'adultes âgés de 55 à 74 ans avaient été admis dans les hôpitaux britanniques pour des problèmes (maladies, blessures,...) davantage liés à l'alcool qu'à leur âge. Pour le Dr Tony Rao, psychiatre spécialisé dans le troisième âge et auteur d'un article sur le sujet dans le British Medical Journal (BMJ), le problème va même au-delà de la consommation d'alcool. "Cela ne concerne pas que l'alcool, mais aussi les substances illicites comme le cannabis, et également des médicaments couramment prescrits comme les analgésiques opioïdes", avertit-il. "Ce n'est pas seulement un problème au Royaume-Uni, mais c'est un problème international". En effet, alors que la consommation à risques de boissons alcoolisées diminue de manière globale au Royaume-Uni et en Australie, celle des 50+ renverse la tendance. Les auteurs du rapport confirment : "En Australie, la plus forte augmentation de la consommation de drogue entre 2013 et 2016 était chez les plus de 60 ans, ce groupe abusant principalement de médicaments usuellement prescrits". Les 50+ ont quant à eux un taux d'usage de drogues, comme le cannabis, plus élevé que les jeunes Australiens. D'ici 2020, on estime que le nombre de personnes recevant un traitement pour des problèmes de toxicomanie devrait doubler en Europe et tripler aux Etats-Unis dans ce public cible, rapporte The Guardian. Katherine Brown, directrice de l'Institute of Alcohol Studies, confirme au Guardian que la consommation d'alcool chez les baby-boomers est un problème énorme. "C'est la première génération de buveurs qui est plus susceptible d'acheter de l'alcool bon marché dans les supermarchés que d'aller dans le pub du coin. Ils boivent plus que leurs parents et il n'est pas étonnant que leur santé commence à en subir les conséquences"Pour pallier ce problème grandissant, les experts suggèrent de développer des programmes ciblés spécifiquement pour les baby-boomers, afin de répondre à leurs besoins. Une bonne intégration des soins de santé, qui varie selon les pays, est également cruciale, selon Rao. Il conseille notamment que les personnes plus âgées prises en charge dans un service médical pour un autre problème fassent l'objet d'un "screening" pour déceler des problèmes liés aux addictions, afin de se voir proposer de l'aide si nécessaire. En effet, les baby-boomers ont besoin d'un accompagnement différent de celui qui est proposé aux plus jeunes pour ce genre d'addictions. Sombrer dans l'alcool ou la drogue peut, chez eux, être renforcé par des problèmes liés à cet âge, comme la retraite, un deuil, le manque de contact avec les amis et la famille, ainsi que l'isolation sociale. Il faut, en outre, que la société cesse de penser que les addictions sont "des problèmes de jeunes". Katherine Brown souhaite également que l'accent soit mis sur les produits consommés, et pas uniquement sur le comportement des consommateurs. Elle prône par exemple pour une augmentation des prix des alcools, et des contrôles plus stricts sur la publicité de ce type de produits. Une approche internationale est également indispensable pour aborder cette problématique, notamment sur les questions de prévention et de détection des personnes les plus vulnérables.