Entre le 4 juin et le 18 juillet derniers, 4.226 femmes de plus de 18 ans ayant accouché en Wallonie ou à Bruxelles entre le 1er janvier 2019 et le 18 juillet 2021 ont répondu à l'enquête en ligne de la Plateforme.

"L'aspect positif qui est ressorti est que les femmes ont vraiment confiance dans les professionnels de la santé qui les accompagnent, sages-femmes et gynécologues", explique Florence Guiot, membre de la Plateforme. "Mais le reste des constats est très négatif."

L'enquête a notamment permis de mettre en lumière les violences subies par les femmes lors de leur accouchement. Une répondante sur cinq a été victime d'actes tels que l'expression abdominale (soit faire pression sur le fond de l'utérus pour accélérer la venue au monde du bébé), des actes à vifs (sans anesthésie ou avec une anesthésie inefficace) et le point du mari (points de suture supplémentaires après une épisiotomie). Lorsque la mère est racisée, la proportion monte à une femme sur trois. Lorsque le niveau d'études ne dépasse pas le secondaire, c'est une femme sur quatre, tout comme lorsque l'accouchement a lieu dans une maternité de la province de Liège.

95% des femmes ayant subi de la violence physique ne sont pas conscientes d'en avoir été victimes

Une sondée sur quatre rapporte également de la violence psychologique. Une femme raconte que "l'anesthésiste m'a dit d'arrêter mon cinéma, que les contractions ne pouvaient pas être aussi douloureuses que ça, et que si j'ai fait le souhait d'avoir des enfants rapprochés, je devais assumer et me taire". Six pour cent de l'échantillon a été victime de violence verbale et 3% de violence physique. Cependant, 95% des femmes ayant subi de la violence physique ne sont pas conscientes d'en avoir été victimes.

L'enquête révèle aussi que plus d'une femme sur trois a reçu une perfusion pour accélérer le travail. Or, pointe la Plateforme, une étude de l'Institut français de la santé et la recherche médicale (Inserm) conclut que l'utilisation d'ocytocine, hormone artificielle utilisée pour provoquer des contractions, augmente le risque d'hémorragie grave du post-partum.

L'étude montre enfin une grande disparité de pratiques entre les maternités, certaines affichant plutôt de bonnes pratiques tandis que d'autres interdisent aux femmes de manger et boire sans que cela ne repose sur un fondement scientifique, souligne la plateforme. Le centre fédéral KCE recommande d'ailleurs de laisser les femmes boire et manger (léger) durant le travail.

Un tiers des actes pas expliqués à la mère

Sur les plus de 4.000 répondantes, 2.037 actes médicaux (césariennes, épisiotomies, utilisation d'instruments) ont été relevés pendant l'enquête. Dans un tiers des cas, ils n'ont pas été expliqués à la mère. Le consentement n'a pas été demandé dans la moitié des cas et 20 femmes ont vu leur refus rejeté. Or, selon la loi de 2002 sur les droits du patient, tout acte doit être posé avec le consentement de la personne qui va le subir et celle-ci peut l'enlever à tout moment.

L'enquête montre aussi que les femmes qui ont accouché en dehors de l'hôpital (gîte de naissance, maison de naissance, à domicile) témoignent d'un plus grand sentiment d'autonomie et d'une médicalisation moindre. Ainsi, 94% des répondantes qui ont accouché hors de l'hôpital ont pu choisir leur position, contre 42,5% de celles qui ont accouché à l'hôpital. Une fois encore, ce pourcentage varie cependant en fonction des maternités.

La plateforme citoyenne recommande d'assurer une meilleure transparence des données et informations aux patientes. Elle demande également que soient publiées les statistiques de chaque maternité, relatives au nombre d'épisiotomies, de césariennes... pratiquées afin que les couples puissent choisir en toute connaissance de cause.

L'organisme plaide aussi pour la création d'un observatoire de la naissance qui pourra collecter des données, informer le grand public, soutenir les professionnelles et prévenir les violences. La formation des professionnels devrait d'ailleurs être révisée, afin d'actualiser les données médicales et d'adopter une approche de la patiente en tant que partenaire.

Entre le 4 juin et le 18 juillet derniers, 4.226 femmes de plus de 18 ans ayant accouché en Wallonie ou à Bruxelles entre le 1er janvier 2019 et le 18 juillet 2021 ont répondu à l'enquête en ligne de la Plateforme. "L'aspect positif qui est ressorti est que les femmes ont vraiment confiance dans les professionnels de la santé qui les accompagnent, sages-femmes et gynécologues", explique Florence Guiot, membre de la Plateforme. "Mais le reste des constats est très négatif." L'enquête a notamment permis de mettre en lumière les violences subies par les femmes lors de leur accouchement. Une répondante sur cinq a été victime d'actes tels que l'expression abdominale (soit faire pression sur le fond de l'utérus pour accélérer la venue au monde du bébé), des actes à vifs (sans anesthésie ou avec une anesthésie inefficace) et le point du mari (points de suture supplémentaires après une épisiotomie). Lorsque la mère est racisée, la proportion monte à une femme sur trois. Lorsque le niveau d'études ne dépasse pas le secondaire, c'est une femme sur quatre, tout comme lorsque l'accouchement a lieu dans une maternité de la province de Liège. Une sondée sur quatre rapporte également de la violence psychologique. Une femme raconte que "l'anesthésiste m'a dit d'arrêter mon cinéma, que les contractions ne pouvaient pas être aussi douloureuses que ça, et que si j'ai fait le souhait d'avoir des enfants rapprochés, je devais assumer et me taire". Six pour cent de l'échantillon a été victime de violence verbale et 3% de violence physique. Cependant, 95% des femmes ayant subi de la violence physique ne sont pas conscientes d'en avoir été victimes. L'enquête révèle aussi que plus d'une femme sur trois a reçu une perfusion pour accélérer le travail. Or, pointe la Plateforme, une étude de l'Institut français de la santé et la recherche médicale (Inserm) conclut que l'utilisation d'ocytocine, hormone artificielle utilisée pour provoquer des contractions, augmente le risque d'hémorragie grave du post-partum. L'étude montre enfin une grande disparité de pratiques entre les maternités, certaines affichant plutôt de bonnes pratiques tandis que d'autres interdisent aux femmes de manger et boire sans que cela ne repose sur un fondement scientifique, souligne la plateforme. Le centre fédéral KCE recommande d'ailleurs de laisser les femmes boire et manger (léger) durant le travail. Sur les plus de 4.000 répondantes, 2.037 actes médicaux (césariennes, épisiotomies, utilisation d'instruments) ont été relevés pendant l'enquête. Dans un tiers des cas, ils n'ont pas été expliqués à la mère. Le consentement n'a pas été demandé dans la moitié des cas et 20 femmes ont vu leur refus rejeté. Or, selon la loi de 2002 sur les droits du patient, tout acte doit être posé avec le consentement de la personne qui va le subir et celle-ci peut l'enlever à tout moment. L'enquête montre aussi que les femmes qui ont accouché en dehors de l'hôpital (gîte de naissance, maison de naissance, à domicile) témoignent d'un plus grand sentiment d'autonomie et d'une médicalisation moindre. Ainsi, 94% des répondantes qui ont accouché hors de l'hôpital ont pu choisir leur position, contre 42,5% de celles qui ont accouché à l'hôpital. Une fois encore, ce pourcentage varie cependant en fonction des maternités. La plateforme citoyenne recommande d'assurer une meilleure transparence des données et informations aux patientes. Elle demande également que soient publiées les statistiques de chaque maternité, relatives au nombre d'épisiotomies, de césariennes... pratiquées afin que les couples puissent choisir en toute connaissance de cause. L'organisme plaide aussi pour la création d'un observatoire de la naissance qui pourra collecter des données, informer le grand public, soutenir les professionnelles et prévenir les violences. La formation des professionnels devrait d'ailleurs être révisée, afin d'actualiser les données médicales et d'adopter une approche de la patiente en tant que partenaire.