Dans cette enquête, le journal du Médecin présente en détail les résultats remarquables et parfois inquiétants de l'enquête menée auprès de 3.572 médecins sur leur consommation de substances et le burnout.
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Dans cette enquête, le journal du Médecin présente en détail les résultats remarquables et parfois inquiétants de l'enquête menée auprès de 3.572 médecins sur leur consommation de substances et le burnout.Selon cette enquête, réalisée en collaboration avec l'Université d'Anvers, 85% des hommes et 72% des femmes médecins interrogés ne boivent pas ou consomment de manière raisonnable de l'alcool. Un répondant sur cinq obtient un score légèrement positif en ce qui concerne un risque possible de problèmes de consommation d'alcool. 2,2% des répondants (3,4% d'hommes, 1,4% de femmes) sont des buveurs problématiques présentant un risque clairement élevé.Un certain nombre d'indicateurs montrent une consommation d'alcool plus élevée que la moyenne chez les médecins urgentistes. Par exemple, un quart d'entre eux déclarent qu'ils sont parfois incapables d'arrêter de boire. La dernière enquête comparable sur ce sujet, réalisée auprès de 1.500 médecins spécialistes en 2011, révélait que 14 à 18% des répondants avaient obtenu une note légèrement positive en termes de consommation d'alcool.Un quart des médecins francophones (26,2%) déclarent se prescrire des substances psychoactives. Pour les néerlandophones, ce pourcentage est de 14,3%. La moyenne belge s'élève à 17,8%.3% du corps médical prend des drogues illicites (cocaïne, amphétamine, éphédrine ou XTC). Cette consommation est nettement plus élevée chez les jeunes médecins.60 médecins considèrent eux-mêmes qu'ils abusent de substances. C'est-à-dire qu'ils prennent plus de médicaments psychoactifs que ce qui est indiqué dans la notice du produit ou que ce qui a été prescrit. Au niveau de l'utilisation de médicaments, les psychiatres obtiennent un score supérieur à la moyenne. À titre de comparaison: un sondage réalisé auprès de 1.685 médecins néerlandais a indiqué qu'un répondant sur trois avait eu un contact direct avec un confrère ayant des problèmes de dépendance.Épuisement professionnelLes résultats de la partie de l'enquête consacrée à l'épuisement professionnel sont alarmants. Plus de 40% des médecins généralistes et des généralistes en formation présentent les caractéristiques du burnout. Les médecins spécialistes obtiennent un score un peu moins élevé (38%), mais le taux d'épuisement professionnel chez les spécialistes en formation est très élevé (58,6%). Seuls 23% des médecins spécialistes en formation obtiennent de bons résultats et se situent en dessous du seuil d'épuisement et de démotivation. Face à des scores aussi élevés, il est vivement conseillé de questionner et d'ajuster davantage le mode de vie, que ce soit par le biais d'un traitement ou d'un coaching.Les résultats d'enquêtes similaires menées dans d'autres pays sont souvent encore plus élevés. Ils peuvent atteindre 50%. Une enquête récente réalisée à Vancouver a même révélé une prévalence de l'épuisement professionnel de 68% chez des internistes actifs dans des hôpitaux lourdement touchés par le Covid.