Chasse d'eau qui fuit, radiateur à l'arrêt, murs à retapisser... Cela fait bien longtemps que les Compagnons dépanneurs se rendent chez les personnes précarisées pour réparer gratuitement (hors frais éventuels de matériel) de petites pannes domestiques. Objectif : leur permettre de vivre dans un logement décent. "On part en général en chantier les mardis et jeudis matins", explique Guy Vernier, bénévole au sein des Compagnons depuis trois ans. "On intervient en binôme, notamment parce que cela permet l'apprentissage entre pairs", complète celui qui a appris les rudiments de la plomberie en l'espace de quelques années.
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Chasse d'eau qui fuit, radiateur à l'arrêt, murs à retapisser... Cela fait bien longtemps que les Compagnons dépanneurs se rendent chez les personnes précarisées pour réparer gratuitement (hors frais éventuels de matériel) de petites pannes domestiques. Objectif : leur permettre de vivre dans un logement décent. "On part en général en chantier les mardis et jeudis matins", explique Guy Vernier, bénévole au sein des Compagnons depuis trois ans. "On intervient en binôme, notamment parce que cela permet l'apprentissage entre pairs", complète celui qui a appris les rudiments de la plomberie en l'espace de quelques années. "C'est passionnant de découvrir les réalités de vie d'une frange défavorisée de la population. J'ai le sentiment que notre action est utile. L'autre grande satisfaction, c'est de rencontrer des personnes aux parcours intéressants. Certaines sont devenues des ami(e)s", indique cet adepte des grands voyages en bateau. Répartis en huit antennes en Belgique francophone, les Compagnons dépanneurs interviennent auprès de particuliers aux profils variés mais qui ont un point commun : "On aide ceux qui ont de faibles revenus. C'est le seul critère retenu", précise Cécile Nyssen, administratrice déléguée de l'asbl. "Cela va du jeune en rupture familiale à la maman célibataire en passant par les pensionnés, pour qui la visite des Compagnons est d'ailleurs parfois la seule de la semaine", ajoute celle dont l'association compte près de vingt salariés et plus de deux cent cinquante bénévoles. Quelque 6.800 chantiers ont été réalisés par les Compagnons l'an dernier. Mais, depuis la mi-mars, ils ont réduit leurs interventions, "primo parce que les bénéficiaires de nos services nous contactent un peu moins, pour des questions de mesures sanitaires et, secundo, parce que beaucoup de nos bénévoles, âgés, font partie des groupes à risque et ont donc dû renoncer", argumente Cécile Nyssen. L'association recherche de ce fait des bénévoles pour l'ensemble de ses sections. Seules conditions : être agile de ses dix doigts et posséder le sens du contact social. En cette période compliquée, ceux qui voudraient soutenir ces bricoleurs au grand coeur de manière plus festive peuvent aussi s'offrir quelques bouteilles de la cuvée "Spéciale 50e", mise en vente par l'asbl pour son jubilé. Au rayon des initiatives altruistes, on recense également Merciki, un réseau d'échange de services et d'objets créé en juin 2019. Son principe est simple : contre un coup de main rendu à la communauté (garde d'animaux de compagnie, tonte de pelouse, baby-sitting...), vous recevez des Mercis, sorte de monnaie alternative. Ceux-ci vous permettent de bénéficier à votre tour d'un peu d'aide. Pour ce faire, Johan Corsini et son épouse Chloé ont conçu "une plateforme digitale intuitive où chaque membre peut poster des annonces par catégorie, géolocalisées, indiquant ce qu'il propose ou recherche". C'est après son emménagement dans un nouveau quartier que le couple avec enfants " 'est dit que ce serait chouette de pouvoir s'aider ou s'échanger des objets entre voisins sans que cela prenne trop de temps et sans avoir recours à l'argent." Un projet inspiré des nombreux SEL (Systèmes d'échange local) qui, selon eux, "ne fonctionnent pas vraiment, faute de membres, d'offre et de demande en suffisance". Retraitée aux multiples hobbys, Anne a découvert Merciki à la télévision et a tout de suite adhéré au concept. "J'ai beaucoup échangé, et très facilement, des objets utilitaires ou de décoration qui faisaient double emploi chez moi. En peu de temps, j'ai accumulé les Mercis. Avec vingt-cinq, j'ai pu acquérir un très beau fauteuil. Génial ! C'est cet esprit d'échange personnalisé, et sans valeur d'argent, qui m'a beaucoup plu. En outre, certains contacts sont parfois tellement gais et spontanés qu'ils se transforment en amitiés." "Chacun est libre de déterminer combien de Mercis il demande pour tel ou tel service", poursuit Johan. "La seule consigne est de considérer qu'un Merci vaut un euro." Axé sur la solidarité et l'économie circulaire, l'initiative est une façon simple de contribuer à la transition vers un modèle de société plus durable. Une formule qui plaît puisque, après un an d'existence, Merciki compte près de 10.000 membres pour 1.500 échanges réalisés. Et, bien que la crise sanitaire ait mis à l'arrêt une partie des activités, ce ne sont pas les projets qui manquent : une application mobile est en phase de test, tandis que le réseau solidaire se déploiera en Flandre d'ici à l'an prochain. Autres objectifs pour 2021 ? Créer un premier emploi rémunéré et finaliser une version professionnelle de Merciki qui s'adressera, elle, aux indépendants et entreprises. Parce que la solidarité peut bien entendu être intergénérationnelle, les papys et mamys d'Abracadabus se rendent plusieurs fois par semaine dans une série de classes maternelles de la capitale pour y conter des histoires à des enfants défavorisés. L'enjeu, ici, est à la fois de proposer aux retraités une activité qui les maintient en contact avec la vie sociale et, pour les plus jeunes, de bénéficier d'une relation privilégiée avec les aînés pour apprendre, l'air de rien, à mieux maîtriser la langue française. Au total, ce sont près de cent-treize "grands-parents conteurs" qui se rendent chaque semaine dans trente-trois écoles bruxelloises. Par groupe de trois à quatre enfants âgés de 2 ans 1/2 à 6 ans, les bénévoles assurent des périodes de jeu ou de lecture d'une dizaine à une vingtaine de minutes. A Waterloo, depuis plus de quinze ans, l'asbl Contalyre propose, quant à elle, l'initiative "Papi, Mamie, racontez-moi une histoire !". L'idée de ce projet, lui aussi intergénérationnel : faire (re)découvrir le goût de la lecture aux enfants de maternelle ainsi que de 1ere et 2e primaire. Toute une série d'initiatives plus ou moins similaires existent aux quatre coins de la Belgique. Autant de preuves que la solidarité n'a pas dit son dernier mot. Par Annabelle Duaut.