Son nom : " Sans Forgetica ". Premier enfant naturel de la psychologie cognitive et du design, cette nouvelle graphie au nom évocateur ( to forget = oublier, en anglais) a été spécialement créée pour doper les capacités de mémorisation, grâce au fameux principe de la " difficulté souhaitable ".
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Son nom : " Sans Forgetica ". Premier enfant naturel de la psychologie cognitive et du design, cette nouvelle graphie au nom évocateur ( to forget = oublier, en anglais) a été spécialement créée pour doper les capacités de mémorisation, grâce au fameux principe de la " difficulté souhaitable ". Ce dernier consiste à ajouter un certain degré de complexité à une tâche, afin de forcer le cerveau à faire un effort supplémentaire, et donc lui permettre de mieux ancrer les souvenirs dans ses replis. Un sacré pied de nez à une certaine tendance qui surfe sur la simplification générale de toutes les tâches humaines : on ne compte plus les applications qui vantent, jusqu'à la tyrannie, le confort et la facilité comme étant nos grandes libératrices. Ce faisant, toutes ces applications veulent simplifier nos vies... jusqu'à l'ennui. Pas les chercheurs australiens qui ont conçu la Sans Forgetica : basée sur la police " Albion ", elle propose juste ce qu'il faut d'obstruction nécessaire (un empattement plus large ainsi que l'effacement de certains " morceaux " de lettres) pour faciliter les capacités de mémorisation. Selon les concepteurs de cette graphie, lorsque le cerveau passe un peu plus de temps que d'habitude sur un mot, il s'engage mieux dans l'acte de lecture qui devient plus efficace. Il se pourrait que le plaisir entre, lui aussi, en compte : la difficulté peut être un atout disruptif. Ainsi, dans la Silicon Valley, les concepteurs de jeux vidéo ne s'y trompent pas : cela fait longtemps qu'ils ont fait de la difficulté la dynamique même de la gratification (donc du plaisir). Pour l'heure, les premières études sur l'efficacité de cette nouvelle police ne sont pas bluffantes, même si leurs résultats sont encourageants. Ainsi, 303 étudiants qui venaient de lire un texte " normal " et un autre en " Sans Forgetica " se sont, en moyenne, mieux souvenus du contenu lorsque le script était rédigé en Sans Forgetica : 57 % contre 50 %. Sans Forgetica a été mise au point par des chercheurs du laboratoire des sciences du comportement de l'université australienne RMIT en partenariat avec l'équipe de Stephen Banham, un typographe de renom. Si la police est en téléchargement libre, sur le site de l'université (http://sansforgetica.rmit/), les premiers utilisateurs visés sont les étudiants, qui doivent assimiler le pantagruélique contenu de leurs cours en un temps record.