Votre pension va-t-elle souffrir de la crise que nous traversons ? C'est fort probable, tant les paramètres à prendre en considération sont nombreux. Pour rappel, les pensions reposent sur trois piliers : la pension légale, la pension complémentaire liée au travail et l'épargne-pension individuelle. " Pour faire simple, la pension légale se calcule sur la base des rémunérations et de la carrière, explique Colette de Dessus les Moustier, senior consulting actuary chez Aon. Dès lors, les périodes de chômage temporaire, les congés sans solde, les temps partiels ainsi que tout gel de votre rémunération auront des conséquences sur le calcul final. "
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Votre pension va-t-elle souffrir de la crise que nous traversons ? C'est fort probable, tant les paramètres à prendre en considération sont nombreux. Pour rappel, les pensions reposent sur trois piliers : la pension légale, la pension complémentaire liée au travail et l'épargne-pension individuelle. " Pour faire simple, la pension légale se calcule sur la base des rémunérations et de la carrière, explique Colette de Dessus les Moustier, senior consulting actuary chez Aon. Dès lors, les périodes de chômage temporaire, les congés sans solde, les temps partiels ainsi que tout gel de votre rémunération auront des conséquences sur le calcul final. "C'est bien connu : la pension légale est loin de permettre au travailleur de conserver un même niveau de vie à la retraite. D'où l'intérêt de bénéficier d'une pension complémentaire prise en charge, partiellement ou totalement, par l'employeur. Mais, là aussi, la crise n'est pas sans impact. " Il faut toutefois distinguer le type de plan proposé : d'une part, les plans dits but à atteindre, d'autre part, les plans dits à contribution définie, cadre-t-elle. Dans les premiers, l'employeur s'engage à atteindre un niveau déterminé de pension complémentaire, à charge pour lui de le financer. Dans les seconds, il paie des primes déterminées en pourcentage de la rémunération annuelle, le résultat par le jeu de la capitalisation étant inconnu avant le terme. " Dans un cas comme dans l'autre, la crise actuelle fait que les participations bénéficiaires octroyées par les compagnies seront plus faibles. " Tous les plans qui en prévoient seront donc pénalisés, pointe Colette de Dessus les Moustier. Dans les plans but à atteindre, si l'objectif assuré est augmenté d'une participation bénéficiaire, celle-ci se trouvera sinon arrêtée, du moins rabotée, en 2008 et en 2009. Dans les plans à contribution définie, il existe une garantie de rendement de 3,25 % et on doit s'attendre à des cacahouètes au-delà, alors qu'en période de vaches grasses le rendement peut tourner autour de 5 %. " Le but à atteindre se calcule, dans une majorité de cas, sur la base d'un pourcentage du salaire annuel de fin de carrière (diminué de la pension légale), là où la contribution définie se fonde sur les salaires annuels perçus tout au long de la carrière. Dans les deux cas, un gel des salaires freine également l'évolution. " Par ailleurs, on constate depuis quelques années une tendance à transformer les plans but à atteindre en plans à contribution définie, pour différentes raisons dont celle de permettre une meilleure maîtrise des coûts. La crise vient encore renforcer cette tendance et, lorsqu'une telle transformation est opérée, c'est rarement pour octroyer des avantages supérieurs. " Faut-il aussi envisager une possible défaillance de la part d'une ou l'autre des compagnies d'assurances, mettant en danger les pensions complémentaires des travailleurs ? Sans exclure de telles catastrophes sur un plan théorique, Colette de Dessus les Moustier se veut rassurante : " Des garde-fous existent, mais il est vrai qu'on nous pose de plus en plus souvent la question. Notamment du fait que certaines compagnies tombent sous les phares de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) qui s'inquiète de voir leurs ratios de solvabilité décroître. A priori, en Belgique, nous sommes plutôt bien protégés à ce niveau... "C.L.G.