Aurait-il perdu la foi ? Son enthousiasme légendaire se serait-il évanoui ? Certes, le dossier est lourd, très lourd, mais l'homme est issu du sérail et, à l'époque, sa nomination à la tête du ministère de l'Enseignement de la Communauté française (qui permettait à Marie Arena de se dérober par la petite porte) avait été accueillie avec soulagement par toutes les parties concernées. Le pouvoir use. Et la gestion du département est redoutable. A quelques encablures à peine des élections régionales, Christian Dupont manifeste des signes de fatigue, de lassitude. Mais pas question d...

Aurait-il perdu la foi ? Son enthousiasme légendaire se serait-il évanoui ? Certes, le dossier est lourd, très lourd, mais l'homme est issu du sérail et, à l'époque, sa nomination à la tête du ministère de l'Enseignement de la Communauté française (qui permettait à Marie Arena de se dérober par la petite porte) avait été accueillie avec soulagement par toutes les parties concernées. Le pouvoir use. Et la gestion du département est redoutable. A quelques encablures à peine des élections régionales, Christian Dupont manifeste des signes de fatigue, de lassitude. Mais pas question de partir sans un dernier baroud d'honneur, un projet de décret qui prévoit l'engagement de plus de 900 enseignants pour la rentrée 2009 (qui viennent s'ajouter aux 500 recrutements déjà prévus). Une thérapie de choc. Facture : 40 millions d'euros pour 240 000 élèves concernés. Avec pour objectif non pas de donner MIEUX à ceux qui ont moins (ce que prévoyait le décret sur la mixité), mais bien de donner PLUS. Vaste chantier. L'intention est louable, même si elle vient grever à nouveau sérieusement le budget de la Communauté française, largement déficitaire malgré un refinancement en 2001. Mais, promis, juré, ne s'agit-il pas, cette fois-ci, de " tirer TOUS les élèves vers le haut " ? D'aider, davantage encore, ceux qui ne sont pas " bien nés " ? Sans oublier qu'en période de crise le projet, d'inspiration très keynésienne, a le mérite de doper l'emploi. Pour le choix des heureux élus, les écoles bénéficient d'une liberté totale. Prof de remédiation, de langues, assistants sociaux, logopèdes, éducateurs... il y a des places à prendre. Et tant pis pour ceux qui fustigent le " trop de fonctionnaires ", MR en tête, qui se verrait bien, toutefois, récupérer le maroquin après juin prochain. Du sur-mesure pour une réalité chaotique, tel est aujourd'hui l'enjeu. Entre la volonté de changement et une certaine force d'inertie, ça cogne. Il faut donc viser juste. Ne pas s'embourber davantage, trouver les messages porteurs, qui ont du souffle, des pistes qui sortent des sentiers battus. Non pas une quête aventureuse qui voit un décret défaire ce que le précédent avait tissé, mais bien une nouvelle manière de relever les défis et qui passe, peut-être, par une mise à nu salutaire. L'école seule ne pourra rien, nous le savons tous. Mais elle est toujours l'unique moyen de promotion, un véritable ascenseur social. A ce titre, elle mérite une attention prioritaire. Non seulement de la part des acteurs concernés ou des politiques. Mais de nous tous. Médias en tête. Quels repères éducatifs voulons-nous transmettre à la jeune génération, en particulier aux plus défavorisés ? Comment pouvons-nous venir en aide aux profs qui ont toujours le feu sacré, à ceux qui, sur le terrain, veulent faire bouger les choses ? L'école n'est pas hors jeu, elle est le socle de notre futur. Elle ne peut pas rester sur le carreau. www.leVIF.BE