En langage branché, on appelle cela un " one stop shopping ", comprenez un endroit qui offrira un service à la carte axé sur les technologies numériques et principalement virtuelles, tant dans le domaine du tournage que de la postproduction, c'est-à-dire tout ce qui " habille " une production audiovisuelle. Le moment est particulièrement bien choisi puisque la 3 D est en train de bousculer le petit monde de la télévision et que la demande d'émissions de ce type est en pleine explosion alors même que les écrans adaptés entament une percée sur le marché.
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En langage branché, on appelle cela un " one stop shopping ", comprenez un endroit qui offrira un service à la carte axé sur les technologies numériques et principalement virtuelles, tant dans le domaine du tournage que de la postproduction, c'est-à-dire tout ce qui " habille " une production audiovisuelle. Le moment est particulièrement bien choisi puisque la 3 D est en train de bousculer le petit monde de la télévision et que la demande d'émissions de ce type est en pleine explosion alors même que les écrans adaptés entament une percée sur le marché. Pour créer Virtuwall, la société porteuse du projet, plusieurs partenaires ont uni leurs efforts : la RTBF, les éditions Dupuis, Virtualis, Wallimage Entreprises, Sambrinvest et Télésambre. Rien que du beau monde et des intérêts variés. La RTBF trouve là un nouveau studio virtuel en remplacement de celui qu'elle avait créé en 2005 (souvenez-vous des décors de Bla-Bla) et qui a aujourd'hui vécu. Pour les éditions Dupuis - et derrière elles Media Participations, le premier groupe européen d'édition de bandes dessinées - l'enjeu est également de taille ( voir ci-après) puisqu'il permet une diversification de l'offre en dehors des albums. Au sein de la Digital Innovation Valley, chez Virtualis - la SA montoise qui a notamment réalisé la scénographie numérique présentant la Belgique à l'Exposition universelle de Shanghai - l'intérêt est réel même si elle dispose déjà d'un studio virtuel complémentaire chez NoTélé. Le conseil d'administration regroupant les onze partenaires spécialisés dans les médias numériques devait se prononcer à l'heure où ces lignes étaient rédigées. Idem du côté de Wallimage Entreprises, une filiale de Wallimage créée par la Région wallonne et dirigée par Philippe Reynaert. Son CA doit donner son feu vert dans les prochaines heures sur un projet qui a été très favorablement accueilli. Wallimage est un fonds économique qui s'est donné pour objectif de soutenir productions et entreprises audiovisuelles. La démarche est assez similaire du côté de Sambrinvest, un acteur bien connu de capital à risque à Charleroi, dont la mission prévoit notamment de " stimuler de nouvelles technologies ou services susceptibles de constituer des bases solides de compétences futures ". On ne saurait être davantage en adéquation... Enfin, Télésambre - la télévision locale de Charleroi et de sa région - s'inscrit dans un projet qui a reçu l'accord de principe du CA, et pour lequel le comité de gestion va maintenant définir les modalités pratiques. Parallèlement à ces actionnaires, une poignée de partenaires vont se lancer dans l'aventure Virtuwall, et parmi ceux-ci, Orad Hi-Tec Systems Ltd, leader mondial dans le domaine de l'équipement des studios virtuels avec 75 % des parts de marché. Sur un investissement total d'environ 2 millions d'euros, ce groupe israélien a accepté d'équiper le studio à hauteur de 800 000 euros, moyennant bien évidemment une participation aux revenus. Orad a décidé de faire de Marcinelle sa plateforme de démonstration, de formation et de design de décors pour l'Europe. A terme, elle pourrait attirer ses propres clients chez Virtuwall. Spécialisée dans la postproduction image et son, la société Dame Blanche de Genval figure également au rang des partenaires, de même que FDP Production et Media Res, deux entreprises de Charleroi et de Bruxelles bien connues dans le monde audiovisuel belge et qui produisent notamment l'émission 50 degrés nord pour Arte. Last but not least, le studio d'animation et de conception graphique Dreamwall est une des chevilles ouvrières de l'aventure. Créé en 2007 par Dupuis (51 %) et la RTBF (49 %), le " petit nouveau " basé à Marcinelle est en train de se tailler une jolie réputation sur la scène audiovisuelle. Non seulement au travers de films d'animation mettant en scène Garfield, Spirou, Cédric et autres Léonard le Génie, mais en s'offrant des commanditaires tels qu'une importante institution européenne à qui il fournit des décors virtuels pour les émissions enregistrées à l'intention des télévisions des 27 Etats membres. Son directeur général, Thibault Baras, est également le porteur du projet Virtuwall : " Dans quelques jours, nous allons entamer les travaux qui vont nous permettre d'aménager, dans un ancien entrepôt de stockage des albums de BD, 3 000 mètres carrés d'installations où les télévisions, les publicitaires et autres clients pourront travailler avec leurs équipes ou en faisant appel à nos techniciens. Des bureaux de production aux loges, de la cafétéria à la pièce de maquillage, chacun trouvera ici - outre le studio - tous les outils lui permettant de réaliser une production de A à Z, que ce soit en décor virtuel ou en "réalité augmentée", c'est-à-dire en insérant des éléments virtuels dans des décors réels. L'outil sera opérationnel dès le début du mois de janvier, car il servira également à la RTBF, dont le studio du Passage de la Bourse à Charleroi ne sera plus disponible après le 31 décembre. Ce sera un outil à nul autre pareil en Europe. "Chez Dupuis, Léon Perahia, directeur du département audiovisuel, est clair : " En dehors de la bande dessinée en albums et des programmes spécifiquement destinés à la télévision, il est vital de nous investir dans tous les supports technologiques de pointe, quel que soit leur nom. De l'iPad à l'e-book, des smartphones à tout ce qui touche à l'Internet, nous voulons être présents partout. Parallèlement, notre volonté est de consolider, à Charleroi, un pôle audiovisuel pour lequel Dreamwall a été une première étape. "Même son de cloche à la RTBF où l'administrateur général Jean-Paul Philippot ne cache pas les espoirs qu'il place dans Virtuwall : " Au-delà de la fierté d'être associés à des partenaires de référence, nous savons que nous investissons dans un projet qui présente de multiples avantages tout en développant le site de Charleroi et, donc, en renforçant notre ancrage carolorégien. Dans l'environnement budgétaire très contraignant que nous connaissons, cet investissement joue clairement la carte de l'innovation, avec des perspectives de création d'emplois dans les nouvelles technologies, mais aussi l'émergence de nouveaux contenus, avec des conséquences immédiates sur l'antenne, de nouveaux effets, une souplesse de production accrue et des débouchés vers les nouveaux médias. "FRANCIS GROFF"s'investir dans tous les supports technologiques de pointe"