L'avantage, quand on rencontre les figures locales de la politique verviétoise, c'est qu'elles n'essaient pas d'idéaliser une situation qui n'a pas à l'être. Tout n'est pas rose dans l'ancienne cité lainière et il suffit de regarder à travers la vitre de leur bureau pour s'en apercevoir. La précarité menace une partie de la population locale : Verviers compte 6 000 chômeurs et un taux d'allocataires sociaux largement plus élevé que la moyenne wallonne. Le logement bat de l'aile au centre-ville, miné par les divisions massives, la surpopulation et le laisser-aller.
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L'avantage, quand on rencontre les figures locales de la politique verviétoise, c'est qu'elles n'essaient pas d'idéaliser une situation qui n'a pas à l'être. Tout n'est pas rose dans l'ancienne cité lainière et il suffit de regarder à travers la vitre de leur bureau pour s'en apercevoir. La précarité menace une partie de la population locale : Verviers compte 6 000 chômeurs et un taux d'allocataires sociaux largement plus élevé que la moyenne wallonne. Le logement bat de l'aile au centre-ville, miné par les divisions massives, la surpopulation et le laisser-aller. Le commerce, de la même manière, est pointé du doigt sans ménagement par le politique : l'offre ne serait pas suffisamment complète en qualité ni en quantité. Avec ses 55 000 habitants, Verviers vit un peu dans l'ombre de Liège, alors qu'elle devrait lui être complémentaire. Une bonne partie de sa population se rend d'ailleurs dans la Cité ardente pour y faire ses courses. Forcément, dans ce contexte, les autorités locales attendent comme un messie le projet de centre commercial imaginé par Foruminvest. Sauf que ledit messie tarde en chemin : de report en report, de recours en recours, on n'a pas encore totalement vu le bout du tunnel alors qu'on en parle depuis huit ans. Et son côté " pierre angulaire " ou " condition sine qua non " n'est probablement pas étranger à certains éléments de stagnation. Difficile par exemple d'avancer à fond sur la revitalisation du quartier Spintay quand son projet phare tarde toujours à atterrir pour de bon. La stagnation et le dynamisme : voilà deux attitudes qui s'entrechoquent curieusement dans le dossier que vous pourrez feuilleter dans ces pages. De fait, prenons l'essentielle question du logement en centre-ville. Le bourgmestre socialiste Claude Desama l'affirme tout de go : " Entre 1970 et 2000, il ne s'est rien fait en matière de logement, les anciennes majorités n'ont pas pris le problème en main. Ce n'est pas de la vanité, mais c'est moi, en arrivant au mayorat en 2000, qui ai dit : il faut faire quelque chose contre le pourrissement et la ghettoïsation. " A entendre Claude Desama, il aura donc fallu son arrivée pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Ecoutons son échevin du Logement, le libéral Freddy Breuwer : " J'ai repris la compétence du logement au début 2008. Entre 2000 et 2008, il n'y a pas eu de réponses structurées de la Ville, cela ne fait que deux ou trois ans que ça change. " Autre exemple, pour rester dans le même créneau : l'échevin du Commerce, Malik Ben Achour, qui vient d'accéder à la tâche scabinale après la démission, pour raison de promotion parlementaire à Namur, de sa prédécesseure. Le jeune échevin socialiste a l'intention, assure-t-il, d'innover, spécialement dans le démarchage et l'accueil des investisseurs commerciaux. Question donc : qu'est-ce qu'on attend à Verviers pour enfin bouger ? Foruminvest, on y revient... Comme si l'arrivée du promoteur cristallisait toutes les attentes d'une cité frustrée de ne pouvoir avancer. Pour autant, il serait incorrect de fustiger Verviers sans apprécier les pas franchis : en septembre 2010, le schéma de structure de la ville a enfin été adopté par le conseil communal. Il fixe, à vingt ans, les grands axes de l'aménagement du territoire et des politiques locales. Une série de pistes de relance susceptibles de clarifier les voies ouvertes aux promoteurs qui souhaiteraient investir dans la cité. " Ce qui sauvera Verviers, c'est une relance sur tous les axes, plaide l'échevine de l'Urbanisme, Catherine Lejeune (MR). Ce qui devrait nous permettre de retrouver notre rang de chef-lieu d'arrondissement et de grande ville complémentaire à Liège. Le renouveau du centre-ville est un enjeu crucial à cet égard. Quand on regarde d'autres villes qui ont subi un déclin industriel et qui s'en sont relevées, comme Lille par exemple, il y a matière à réflexion. Recréer de beaux espaces publics, relancer l'offre commerciale, promouvoir des logements de qualité, revitaliser la Vesdre pour en faire un véritable atout touristique et qui sait, penser au tram à plus long terme : cela fait partie des grandes options prises dans le schéma de structure. " Ce schéma, initié en 2004 et relancé en 2007 de manière plus transversale, s'offre donc comme une planche de cohérence pour l'ensemble des projets qui devraient réhabiliter la ville, son centre en tête. Mais entre le document papier et la coupe du ruban, il y a forcément un pas... que les acteurs postés en attente devraient franchir si " Au fil de l'eau ", le projet de centre commercial, se réalise finalement. Si la revitalisation du centre-ville captera l'essentiel de notre attention pour ce dossier, n'oublions pas non plus que Verviers est une ville d'eau et s'affiche largement comme telle. La revitalisation de la Vesdre étant, au même titre que le lifting du patrimoine local, l'un des axes touristiques sur lequel s'appuient les autorités municipales pour vendre la cité lainière. Où l'on pourra bientôt compter sur un nouvel hôtel de ville, sur un hôtel de Biolley réaménagé et, dans un délai probablement plus éloigné, sur un Grand Théâtre complètement rénové. Bref, la matière ne manque pas dans une cité aux soucis finalement très contemporains. Et forcément plus universels. Guy verstraetenstagnation et dynamisme cohabitent et s'entrechoquent