La croissance annoncée par les deux plus grandes économies de la zone euro (l'Allemagne et la France) n'aura guère été enthousiasmante au cours du mois écoulé. Outre-Atlantique, en revanche,la révision à la hausse de la croissance américaine pour le 3e trimestre (4 %) a suffi à réveiller les plus optimistes. Pourtant, une fois de plus, ce sont les dépenses des consommateurs en biens durables et en services qui ont été à la base de cette performance. Ce qui n'est pas soutenable à moyen terme. Un vrai redémarrage ne semble donc pas encore à l'ordre du jour.
...

La croissance annoncée par les deux plus grandes économies de la zone euro (l'Allemagne et la France) n'aura guère été enthousiasmante au cours du mois écoulé. Outre-Atlantique, en revanche,la révision à la hausse de la croissance américaine pour le 3e trimestre (4 %) a suffi à réveiller les plus optimistes. Pourtant, une fois de plus, ce sont les dépenses des consommateurs en biens durables et en services qui ont été à la base de cette performance. Ce qui n'est pas soutenable à moyen terme. Un vrai redémarrage ne semble donc pas encore à l'ordre du jour. En Europe, l'horizon semble tout aussi grisâtre. Alors qu'ils se doivent d'investir afin de combler leur retard en matière de nouvelles technologies, les entrepreneurs européens s'inquiètent de voir s'enliser les projets de réformes promises par les différents gouvernements qui se sont installés au pouvoir. Mais, face aux difficultés budgétaires, nombre de promesses électorales sont au point mort. Et les statistiques du chômage s'affichent en hausse... Si bonne nouvelle il y a pour la Saint-Nicolas, elle devrait donc venir de la Banque centrale européenne. Le repli de la tension concernant l'Irak a permis de modérer le prix de l'or noir. Selon les premiers indicateurs, l'inflation s'afficherait en baisse dans la zone euro pour novembre, ce qui devrait permettre à la BCE de baisser ses taux directeurs. Si, dans un premier temps, une éventuelle baisse des taux risque d'avoir un impact négatif sur l'euro, car le différentiel de taux s'en trouve diminué, une politique monétaire plus expansionniste pourrait, à terme, avoir un impact important sur l'économie de la zone euro tout entière. Du côté des placements à taux fixe, les taux à court terme ont baissé de 3,25% fin octobre à 3,05% environ fin novembre. Certaines banques ont cependant revu leurs comptes d'épargne ... à la hausse, sous l'influence de nouveaux acteurs (Rabobank ou le nouveau compte de la Deutsche Bank): de quoi raviver la concurrence, surtout en fin d'année, souvent propice à l'épargne. Mais attention, si certains acteurs offrent de bonnes conditions toute l'année (Cortal, Finansbank, Argenta, etc.), d'autres ne mettent en avant des taux intéressants que quelques mois par an (pensez aux fameux "2%+2%"). Les taux à long terme sont restés relativement stables. Quelques institutions ont baissé les conditions des bons de caisse pour les durées inférieures à 5 ans. Le bon à 5 ans est resté inchangé, concurrence oblige avec la nouvelle émission de bons d'Etat à 5 ans (extensibles à 7 ans) et 8 ans clôturée au début de ce mois.En Bourse, les craintes d'un "double dip" (une rechute rapide de l'activité économique au quatrième trimestre) semblent peu à peu s'évanouir. Les Bourses ont donc poursuivi sur leur lancée d'octobre. A l'exception de l'alimentation européenne et de la distribution aux Etats-Unis, les principaux secteurs représentés en Bourse ont clôturé novembre en progression. C'est bien sûr le secteur des technologies de l'information qui a le plus profité de ce regain d'optimisme, suivi par les télécoms. Même si la situation financière de bon nombre de sociétés reste encore préoccupante, des chiffres encourageants chez IBM (+10,1%) et les mesures prises par Lucent Technologies (+43,9%) ont entraîné à la hausse des valeurs telles que Intel, SAP et STMicroelectronics. La hausse des Bourses et l'espoir d'une baisse du risque crédit dans le sillage d'un embellissement économique ont également soulagé les valeurs financières. A noter également le bond de la Bourse de Stockholm (Ericsson, Volvo) et la progression de 7 à 9 % des Bourses méridionales. L'élection de Lula à la présidence du Brésil a certainement contribué à la fête sur les Bourses de Lisbonne et de Madrid, fort sensibles aux aléas de l'économie brésilienne. La Bourse de Paris a, quant à elle, profité de situations particulières. La recapitalisation de France Télécom semble en bonne voie. Chez Vivendi Universal aussi, des éclaircies se font jour. Et il y bien entendu le rachat par BNP Paribas de la participation de l'Etat français dans le Crédit Lyonnais, qui continue d'attiser la spéculation. Quant à Euronext Bruxelles, elle a traditionnellement suivi le mouvement de hausse des financières : Dexia, qui représente quelque 11,5 % de la capitalisation boursière de la cote bruxelloise, a gagné 26,5% en novembre... Budget Hebdo