On ne peut pas dire que l'histoire de l'art nationale ait réservé une place de choix à Léon Gauchez (1825 - 1907). Comme tant d'autres, son nom a rejoint l'anonymat. Pourtant, cet industriel, ami de Gustave Courbet et confident de Camille Claudel, a joué un rôle majeur tout au long du siècle qui l'a vu naître.
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On ne peut pas dire que l'histoire de l'art nationale ait réservé une place de choix à Léon Gauchez (1825 - 1907). Comme tant d'autres, son nom a rejoint l'anonymat. Pourtant, cet industriel, ami de Gustave Courbet et confident de Camille Claudel, a joué un rôle majeur tout au long du siècle qui l'a vu naître. Parmi ses actions notoires, on pointera le fait qu'il a fourni, en compagnie des marchands Etienne Le Roy et Alexis Febvre, 174 tableaux ayant constitué la première collection du Metropolitan Museum of Art de New York. Fou d'art et soucieux de transmission, l'homme ne s'est pas non plus contenté de léguer des dessins au Louvre, il a également fait une importante donation au Musée d'Ixelles. C'est celle-ci qui est au départ d' Une promenade picturale. De Dürer à Tiepolo, exposition aux contours didactiques bien ajustés que l'on recommande de découvrir au plus vite entre les murs du TreM.a, le musée des arts anciens du Namurois. On doit cette proposition condensée à deux commissaires fraîchement diplômés, Debora Arena et Thomas Cleerebaut. En six mois, un temps record, le duo a fait son choix parmi les pièces léguées à l'institution ixelloise afin de dessiner une passionnante balade picturale à travers l'art ancien. Tout sauf fastidieuse, celle-ci émeut avec quelques temps forts, qu'il s'agisse de cette Cigogne exécutée avec une précision hallucinante aux alentours de 1500 par le Léonard de Vinci germanique Albrecht Dürer ou de ce portrait calviniste de Agatha Van Neck (1658) signé par Jan Albertsz Rootius. L'émotion surgit aussi face à une Vue de Bruxelles (1676-1695) d' Adriaen Frans Boudewijns dont l'aspect panoramique envoûte. Plus loin, une fascinante scène de genre de David Ryckaert III, Fête familiale (XVIIe siècle), permet de mesurer toute la fortune posthume de Bruegel.