L'histoire commence en 1994. Aux abords de la route très fréquentée qui longe la prison de Key West, en Floride, une joyeuse bande de canards vivent dangereusement. Le shérif de l'époque se prend d'affection pour eux et décide de les reloger dans le parking situé sous l'établissement pénitentiaire. Le bouche-à-oreille fonctionne à plein et de plus en plus de...

L'histoire commence en 1994. Aux abords de la route très fréquentée qui longe la prison de Key West, en Floride, une joyeuse bande de canards vivent dangereusement. Le shérif de l'époque se prend d'affection pour eux et décide de les reloger dans le parking situé sous l'établissement pénitentiaire. Le bouche-à-oreille fonctionne à plein et de plus en plus de personnes commencent à y amener de nouveaux pensionnaires. Aujourd'hui, ce zoo d'un genre particulier en compte cent-cinquante, dont un paresseux, un lémurien, des kinkajous, des lapins, des canards, des oies, des cochons, des poneys, des oiseaux mais aussi des serpents et lézards exotiques. Jeanne Selander, l'actuelle shérif du comté de Monroe, est diplômée en biologie marine et peut se prévaloir d'une grande connaissance du monde animal. Si elle confesse n'avoir jamais travaillé dans un centre de détention avant que son prédécesseur ne lui confie les rênes de la petite ménagerie, elle est aujourd'hui convaincue du bien-fondé du projet. Au-delà de l'expérience atypique, c'est en effet un véritable programme de responsabilisation et de réinsertion par le travail qui a ainsi été mis en place. Au quotidien, le zoo emploie quatre ou cinq prisonniers, supervisés par Jeanne. " Le travail avec les animaux agit positivement sur les détenus, s'enthousiasme-t-elle. Au lieu de rester dans leurs cellules, ils donnent un sens à leur existence. " Le système fonctionne essentiellement grâce aux dons de mécènes acquis à la cause ou de visiteurs. deux fois par mois, la prison ouvre ses portes et, certains dimanches, jusqu'à trois cents personnes se pressent dans les allées du petit parc animalier. " Et, je vous le garantis, lorsque les détenus sortiront, ils y amèneront leurs familles, fiers de leur montrer ce qu'ils ont fait ici. "