A Mons, les élections ont conforté la position des deux partis de la majorité communale : le PS a consolidé sa majorité absolue avec 55 % de suffrages contre 51,5 % en 2006 ; quant au MR, la liste a progressé à près de 18 % (+1,3 %), talonnée par un abstentionnisme qui s'impose désormais comme la troisième force politique de la ville. Dans la cité du Doudou, un électeur sur six est en effet concerné par ce phénomène : 16 % des citoyens appelés au vote ne se sont pas présentés aux urnes alors que le volume de bulletins blancs et nuls a augmenté de 25 %. Une conséquence de la disparition de l'extrême droite ? Il serait politiquement incorrect de l'affirmer quand on sait que l'absence du FN n'est que la résultante des erreurs administratives commises par ses candidats lors du dépôt de la liste au greffe du tribunal. Si Ecolo a maintenu son résultat de 2006, le CDH a perdu un quart de ses électeurs (de 11,7 à 8,7 %) et deux de ses cinq sièges (notamment celui de Willy Mercier) : c'est le grand battu du scrutin, il devient de ce fait le quatrième parti de la ville, derrière les verts.
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A Mons, les élections ont conforté la position des deux partis de la majorité communale : le PS a consolidé sa majorité absolue avec 55 % de suffrages contre 51,5 % en 2006 ; quant au MR, la liste a progressé à près de 18 % (+1,3 %), talonnée par un abstentionnisme qui s'impose désormais comme la troisième force politique de la ville. Dans la cité du Doudou, un électeur sur six est en effet concerné par ce phénomène : 16 % des citoyens appelés au vote ne se sont pas présentés aux urnes alors que le volume de bulletins blancs et nuls a augmenté de 25 %. Une conséquence de la disparition de l'extrême droite ? Il serait politiquement incorrect de l'affirmer quand on sait que l'absence du FN n'est que la résultante des erreurs administratives commises par ses candidats lors du dépôt de la liste au greffe du tribunal. Si Ecolo a maintenu son résultat de 2006, le CDH a perdu un quart de ses électeurs (de 11,7 à 8,7 %) et deux de ses cinq sièges (notamment celui de Willy Mercier) : c'est le grand battu du scrutin, il devient de ce fait le quatrième parti de la ville, derrière les verts. Raison de ce recul ? La chef de file Savine Moucheron a cette explication : " En temps de crise, l'électeur se replie sur l'axe gauche-droite pour bien marquer ses inquiétudes, le centre que nous incarnons en est pénalisé. " Mais Georges Louis Bouchez, du MR, en avance une tout autre : " La campagne du CDH n'a pas été conçue pour séduire les Montois mais pour plaire au PS, elle a été trop lisse. Délibérément, nous avons choisi de nous positionner comme une réelle alternative au parti d'Elio Di Rupo. Parce qu'un partenariat n'empêche pas des désaccords. C'est important de garder chacun notre liberté d'analyse et de proposition, d'alimenter le débat en idées neuves comme le MR l'a fait tout au long de cette mandature. Par exemple, nous dénonçons le manque de perspectives derrière Mons 2015. La manière dont ce projet est monté nous donne l'impression qu'on tirera le rideau après l'événement. Or l'événement n'a pas de sens si nos concitoyens n'en profitent pas après. " Les jeunes l'ont parfaitement compris, ils veulent prendre part à un débat dominé par la personnalité d'Elio Di Rupo qui occupe toute la place. Peut-être cela explique- t-il l'arrivée d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques comme Georges-Louis Bouchez et Florent Dufrane au MR, les trois élus Ecolo âgés de moins de 35 ans, la percée de Nicolas Martin au PS ou encore l'élection de John Joos dont le parti Citoyen décroche un premier siège, tout comme le PTB. " Les jeunes apparaissent comme les gagnants de cette élection communale ", analyse Charlotte De Jaer, d'Ecolo. Promu tête de liste au MR, Georges-Louis Bouchez (26 ans) explique qu'il n'avait pas droit à l'erreur. " Quand vous échouez à 50 ans, les bonnes raisons ne manquent pas, on peut toujours mettre ça sur le dos de la conjoncture. A 25, c'est forcément la jeunesse. Je ne vais pas bouder le plaisir de mon score personnel (le cinquième de la ville), même s'il ajoute de la pression à ma responsabilité, mais l'important pour nous c'était le nombre de sièges et nous en avons gagné un huitième, renouant avec notre présence historique de 1988. Il ne nous a manqué d'ailleurs qu'une poignée de voix pour en emporter neuf. "Quelle équipe demain pour gouverner le chef-lieu du Hainaut ? Si la balle est d'abord dans le camp du PS, il appartiendra aussi à son partenaire de majorité - à l'heure d'écrire ces lignes, le MR est pressenti comme le plus probable - de déterminer qui siégera au collège et qui occupera la fonction de chef de groupe. En tout cas, Elio Di Rupo s'est montré clair avec l'électeur : il poursuivra sa mission à la tête du gouvernement fédéral. Loin des yeux ne veut pas dire loin du c£ur. En coulisses, c'est lui qui continuera à donner les impulsions déterminantes de la politique communale. A concevoir la métropole de demain. Son parti ne le fera pas seul. Le pouvoir communal sera partagé. Désigner un bourgmestre faisant fonction, c'est le privilège des bourgmestres en titre empêchés. C'est à eux qu'il appartient en effet de faire le choix de leur suppléant, sans justification. Depuis 1991, la législation interdit en effet de cumuler une fonction de ministre ou de secrétaire d'Etat et de premier magistrat d'une commune. Quand il a fait son entrée au 16, rue de la Loi, Elio Di Rupo a choisi de confier les clés de l'hôtel de ville de Mons à Marc Barvais, un homme d'expérience et de confiance. Les résultats électoraux sont venus quelque peu compliquer la donne. En dernière position de la liste PS, le bourgmestre ff n'a obtenu que le quatrième score en importance avec 3 420 voix. Mille de moins que Catherine Houdart, échevine de l'Education et de la Participation citoyenne mais surtout loin derrière la figure politique socialiste qui monte dans la cité du Doudou : l'échevin du Développement économique, de l'Urbanisme et du Tourisme Nicolas Martin. Troisième candidat de la liste PS, il a recueilli presque deux fois plus de suffrages, près de 6 000, et quasiment triplé son résultat de 2006. Redésigné à une écrasante majorité de suffrages, Elio Di Rupo a voulu se donner le temps d'opérer le bon choix. A l'heure où nous écrivons ces lignes, il n'a toujours pas été annoncé. Sous la prochaine mandature, le CDH entend durcir ses positions. " Comme nous l'avons fait pour la gare de Mons et le projet de capitale européenne 2015, nous nous montrerons extrêmement vigilants et critiques sur les projets d'avenir, annonce Savine Moucheron. D'abord, nous pensons que la majorité n'en fait pas assez pour améliorer le quotidien des Montois. Les grands chantiers occultent les priorités citoyennes. Beaucoup de promesses électorales de 2006 n'ont pas été tenues, on les retrouve d'ailleurs dans les programmes de campagne du PS et du MR, que ce soit le renforcement de l'effectif de notre zone de police où il manque 60 hommes ou l'actualisation du plan de mobilité. Si la majorité sortante doit être reconduite, nous nous interrogeons aussi sur la capacité de ces deux partenaires à harmoniser leurs programmes. " Ce qui est sûr, c'est qu'il ne sera pas facile à l'opposition d'exister face à une force politique occupant 37 des 45 sièges du conseil communal. Etre le caillou dans la chaussure d'une coalition ronronnante, c'est le défi que s'impose Charlotte De Jaer, à la tête du groupe Ecolo qui comptera toujours trois mandataires. Un regret ? " Que les femmes soient si mal représentées. Nous ne serons que 17 sur 45 élus, pointe-t-elle. C'est au MR que le déficit apparaît le plus criant : sept des huit candidats sont des hommes, seule une femme parvient à tirer son épingle du jeu. La preuve qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire pour assurer une réelle équité dans la représentation politique. " L'arrivée de deux nouveaux petits partis ne manquera pas de mettre le conseil communal à l'épreuve. Durant la campagne, le PTB a surtout décliné ses revendications en termes d'enjeux fédéraux, il faudra les traduire concrètement sur le terrain communal. Du côté de Mons Citoyen, c'est la bouteille à encre : il n'y a pas de programme à proprement parler, seule une volonté de relayer la parole des quartiers et des gens dans la transparence la plus totale existe. Par quoi cette ambition se traduira-t-elle dans les débats et les décisions politiques ? Réponse à partir du 3 décembre prochain. DIDIER ALBINLes jeunes veulent prendre part à un débat dominé par la personnalité d'Elio Di Rupo qui occupe toute la place