Le nom générique d'Armée syrienne libre (ASL), proclamé en juillet 2011 par le colonel Riad el-Assaad, premier officier à déserter l'armée régulière en se réfugiant en Turquie, désigne une multitude de différents groupes armés à travers la Syrie qui participent au combat pour la chute du régime de Bachar el-Assad. La prolongation et l'extension des combats ont donné naissance à des formations aux sensibilités politiques et religieuses diverses, marquées par l'influence de leurs principaux parrains publics ou privés des pays du Golfe qui leur imposent une certaine ligne idéologique.
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Le nom générique d'Armée syrienne libre (ASL), proclamé en juillet 2011 par le colonel Riad el-Assaad, premier officier à déserter l'armée régulière en se réfugiant en Turquie, désigne une multitude de différents groupes armés à travers la Syrie qui participent au combat pour la chute du régime de Bachar el-Assad. La prolongation et l'extension des combats ont donné naissance à des formations aux sensibilités politiques et religieuses diverses, marquées par l'influence de leurs principaux parrains publics ou privés des pays du Golfe qui leur imposent une certaine ligne idéologique. Organisées autour de cinq " Fronts " ou " régions " - Nord, Ouest, Est, Centre et Sud, selon la division établie par les plus hauts officiers déserteurs qui se sont installés en Turquie à la fin de l'année 2011 - différentes unités ou brigades coordonnent leurs opérations localement. Le Conseil militaire suprême (CMS) de l'ASL, créé en décembre 2012 et dirigé par le général Selim Idriss, un laïque, est soutenu par les Etats-Unis, l'Europe, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Il a pour ambition de devenir un véritable ministère de la Défense pour assurer l'après-Assad. Son succès dépend des moyens financiers et militaires centralisés dont il pourra disposer. Il progresse dans l'intégration de la plupart des formations combattantes dont : - Les brigades locales : composées en majorité d'opposants civils ayant pris les armes, parfois encadrés par des déserteurs de leur ville ou village d'origine, elles n'ont pour la plupart d'autre objectif que le renversement du régime de Damas et ne se réclament d'aucune idéologie islamiste. Affiliées aux chaînes de commandement de l'ASL et du nouveau CMS, quelques-unes ont pris une ampleur et une autonomie particulières dans les grandes villes. Les Brigades Al-Farouq, proches des Frères musulmans, représentent une force de 7 000 à 8 000 hommes, bien organisée et financée. Originaires de Homs, elles sont présentes dans toutes les villes importantes ainsi qu'aux postes-frontières avec la Turquie. A Alep, la brigade Al-Tawhid rassemble plusieurs formations totalisant quelque 3 000 à 5 000 combattants. - Les brigades " franchisées ", telle Ahrar al-Cham, sont des petites unités de tendance salafiste, réparties sur tout le territoire et regroupées récemment dans un Front islamique syrien. Financés par des fonds privés du Golfe, ces mouvements appellent publiquement à l'établissement d'un Etat islamique en Syrie. Certains commencent à rejoindre le CMS. Les formations djihadistes : la plus importante est le Front Al-Nosra, classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, qui rassemble entre 10 000 et 20 000 hommes, dont 10 à 15 % de combattants étrangers. Il est constitué à l'origine de djihadistes d'Al-Qaeda en Irak, où ils ont combattu les forces américaines, et certains de ses chefs ont été libérés de prison par le régime Assad. Evoluant en petites unités d'une centaine d'hommes bien entraînés et équipés, Al-Nosra est financé par des fonds privés saoudiens et koweïtiens. Il dispose surtout d'un " puissant bras médiatique ", selon les experts, qui donne une grande visibilité à ses actions. H. K.