Les terribles effets physiques, psycho- logiques et économiques de la Covid-19 me paraissent mettre en évidence une infirmité de notre temps, celle de notre difficulté, voire incapacité pour certains, à devoir se séparer d'un bien précieux mais dont on pourrait se passer, non de gaieté de coeur, mais te...

Les terribles effets physiques, psycho- logiques et économiques de la Covid-19 me paraissent mettre en évidence une infirmité de notre temps, celle de notre difficulté, voire incapacité pour certains, à devoir se séparer d'un bien précieux mais dont on pourrait se passer, non de gaieté de coeur, mais temporairement, pour se protéger ainsi que les autres: la compagnie permanente de nos semblables. Que n'entend-on la jeunesse, souvent respectueuse des mesures de sécurité, se plaindre d'une "absence de vie" parce qu'elle ne peut plus faire la fête en toute liberté? Des adultes regrettent une vie sociale, culturelle et sportive à l'arrêt et les plus âgés une mise à l'écart de leurs (petits) enfants. A croire que la vie ne se conçoit qu'en groupe ou famille et que l'activité personnelle, individuelle, entre soi et soi, ne peut exister ou serait un enfer! Pourquoi ne pas profiter de ces méchantes périodes pour reprendre un instrument de musique abandonné il y a vingt ans, pour apprendre une langue, se remettre au dessin ou à la peinture, à l'écriture d'un journal ou à l'infinie ressource de la lecture? Il est clair que ce sont projets plus faciles à réaliser seul dans un 90 m2 qu'à six dans un 40 m2. Mais la marche, le dessin et la lecture peuvent se faire à l'extérieur. Sans doute, à côté de nos politiques, scientifiques et psychologues nous manque-t-il quelques philosophes pour nous rappeler cette pensée de Pascal: "Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir se tenir en repos dans une chambre."