Cher Vif, ce jeudi (NDLR : 14 novembre), j'ai trouvé dans ta production hebdomadaire vingt-huit lettres adressées à l'informateur royal. J'ai lu. Et j'ai été déçu. Non pas tant par les messages adressés que par leurs auteurs. Car l'annonce en couverture " 28 Belges écrivent... " pouvait laisser espérer une plume pour une fois glissée entre les doigts du servum pecus. Mais non. A l'exception d'Alain D'Haene - choix délibéré pour ne pas être taxé d'ostracisme ? -, tu as préféré donner la parole à des Belges, certes, mais des Belges notoires, disposant déjà en temps utile de l'occasion et de la vitrine nécessaires à l'exposé de leurs opinions. De fait, même subjectives puisque personnelles, même partant en ordre dispersé, elles restent louables. Mais la masse, ces onze millions de citoyens vivant au quotidien aux côtés de ces vingt-huit Belges, elle, se trouve toujours privée de parole. Pourtant, ils sont belges, eux aussi, et leur voix, leur vécu et leurs espoirs valent au moins autant que ceux auxquels tu as cédé tes colonnes. Cher Vif, tu l'as manquée, l'occasion. De faire entendre ce que le peuple a à dire, plutôt qu'une certaine élite. Plaise au ciel qu'il ne le clame d'une manière autrement cinglante, ce petit peuple pris pour quantité négligeable, lors d'un prochain suffrage.