Novembre 2020. Confinés depuis le début du mois, les Belges croisent les doigts. Le taux de reproduction du virus est passé sous la barre de 1, le nombre d'hospitalisations sous celle des 300. L'épidémie recule. Si on redouble d'efforts, si on tient bon, si on respecte les gestes barrières, c'est sûr, on arrivera à le mettre K.O. ce satané virus. Bientôt, les premiers vaccins arriveront sur le marché et tout rentrera dans l'ordre. Le masque, les "checks" à la famille et aux amis, les quarantaines à répétition, les classes fermées, les collègues devant le...

Novembre 2020. Confinés depuis le début du mois, les Belges croisent les doigts. Le taux de reproduction du virus est passé sous la barre de 1, le nombre d'hospitalisations sous celle des 300. L'épidémie recule. Si on redouble d'efforts, si on tient bon, si on respecte les gestes barrières, c'est sûr, on arrivera à le mettre K.O. ce satané virus. Bientôt, les premiers vaccins arriveront sur le marché et tout rentrera dans l'ordre. Le masque, les "checks" à la famille et aux amis, les quarantaines à répétition, les classes fermées, les collègues devant les écrans: fini, basta! Le monde de demain est à notre portée. Novembre 2021. Côté pile: plus de 80% de la population belge âgée de plus de 12 ans a reçu au moins une première dose de vaccin. Les plus vulnérables sont protégés (mais pour combien de temps? ), on a éclaté la bulle et l'activité économique a repris. Côté face: les hôpitaux sont toujours surchargés, la société est divisée entre ceux qui peuvent se rendre au restaurant et ceux qui ne peuvent plus, les masques n'ont pas vraiment quitté les mentons, certains pays reconfinent et les gels hydroalcooliques sont toujours aussi poisseux. Quand verra-t-on enfin le bout du tunnel? A quoi ressemblera ce deuxième hiver pandémique? Faut-il craindre un nouveau confinement? "Un des problèmes qui se posent, c'est que le virus continue de nous surprendre. Le variant Delta, aujourd'hui dominant, a changé la projection initiale. Sans lui, on serait dans une meilleure situation", constate Steven Van Gucht, virologue et membre du Gems (Groupe d'experts de stratégie de crise pour la Covid-19). "Le futur sera une succession de vagues mais qui seront de plus en plus faibles, poursuit-il. La situation est déjà meilleure qu'il y a un an où l'on avait dû se résigner à un lockdown complet, même si la charge de travail est encore très lourde dans les hôpitaux et qu'avec la quatrième vague, il y a toujours un risque d'aller dans le rouge. Aujourd'hui, on gère la situation avec des mesures légères et on peut continuer comme cela si on respecte les gestes barrières. Chaque semaine, chaque mois, l'immunité de la population augmente car on vaccine. Le virus a de moins en moins de carburant. La situation s'améliorera graduellement jusqu'à ce que ces vagues ne soient plus que des vaguelettes." L'automne et l'hiver restent des périodes de grande vigilance, notamment en raison des cas de grippe saisonnière qui compliquent un peu plus encore la situation, rappelle le virologue. "Mais nous espérons un impact moins important. Après, le printemps et l'été reviendront et la pression redescendra." Un chassé-croisé entre nuages et éclaircies qui risque de durer encore un certain temps.