Les biens à vendre ne manquent pas dans les petites annonces immobilières comme les portefeuilles des agences de Waterloo et Braine-l'Alleud. Pourtant, les deux communes ont vu la valeur de leur parc immobilier diminuer drastiquement en trois ans de temps ; et 2013 n'échappe pas au plongeon général. Certains courtiers parlent d'une chute des prix de quelque 10 % à 15 %, tandis que d'autres estiment que l'étendue des dégâts pique jusqu'à - 20 % à - 25 % pour certains biens. La raison ? " Les banques ont plus encore serré les boulons qu'avant pour l'octroi des prêts hypothécaires, déplore Olivier Alen, de l'agence brainoise Immo Clairière. Désormais, deux transactions sur trois n'aboutissent pas, suite à un refus de crédit. " Et les " dossiers à tracas " s'amoncellent sur les bureaux des agences, ralentissant le rythme des ventes.
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Les biens à vendre ne manquent pas dans les petites annonces immobilières comme les portefeuilles des agences de Waterloo et Braine-l'Alleud. Pourtant, les deux communes ont vu la valeur de leur parc immobilier diminuer drastiquement en trois ans de temps ; et 2013 n'échappe pas au plongeon général. Certains courtiers parlent d'une chute des prix de quelque 10 % à 15 %, tandis que d'autres estiment que l'étendue des dégâts pique jusqu'à - 20 % à - 25 % pour certains biens. La raison ? " Les banques ont plus encore serré les boulons qu'avant pour l'octroi des prêts hypothécaires, déplore Olivier Alen, de l'agence brainoise Immo Clairière. Désormais, deux transactions sur trois n'aboutissent pas, suite à un refus de crédit. " Et les " dossiers à tracas " s'amoncellent sur les bureaux des agences, ralentissant le rythme des ventes. Entre tous les biens, ce sont les 4- façades classiques, les villas cossues et les propriétés de haut standing qui ont le plus pâti de la baisse de prix générale. Alors que les premières se monnayaient autour de 350 000 à 400 000 euros en 2011-2012, " en l'espace de quelques années seulement, elles ont perdu un cinquième à un quart de leur valeur pour s'écouler entre 280 000 et 300 000 euros ", assure Nicolas Pierre, de l'agence brainoise Cap Sud. Son confrère de l'agence Immo Clairière relève pour sa part ce plafond, mais légèrement, à 325 000 - 335 000 euros. Cette rapide décote des 4-façades nuit particulièrement à ceux qui se voient dans l'obligation de se défaire d'un bien acquis récemment. " J'ai vendu voici deux à trois ans une maison à 315 000 euros à un couple d'acquéreurs, raconte le courtier. Dernièrement, l'un des deux conjoints ayant perdu son emploi, j'ai revendu cette même maison à 287 000 euros. Vous imaginez, c'est la bérézina ! Et encore, j'estime que c'était bien vendu. " Le segment des villas et autres propriétés haut de gamme accuse plus encore le coup. Olivier Alen se fait l'écho d'une " claque magistrale ". " Pareils biens se vendent très difficilement, et encore, moyennant un rabais conséquent, ajoute-t-il. Une villa du quartier des 7 Fontaines à Braine-l'Alleud qui valait hier encore 750 000 à 850 000 euros s'échangera désormais entre 625 000 et 650 000 euros, par exemple. " Autant dire que Waterloo, qui concentre majoritairement ce type de biens, vit des moments difficiles. Il n'empêche, les maisons mitoyennes ne sont pas épargnées. La maison brainoise classique à bel étage perd ainsi quelque 25 000 à 35 000 euros, glissant de 28 000 euros en moyenne à quelque 250 000 euros. Les 2-façades de construction récente atteignent, elles, le niveau de prix actuel des 4-façades, culminant à 280 000 euros. Il est par ailleurs intéressant de constater que les petites maisons modestes de moins de 200 000 euros affluent sur le marché. " Il y a deux ans, elles étaient rarissimes. Nous avions à peine le temps d'annoncer leur vente que ces biens de 185 000 - 190 000 - 195 000 euros étaient déjà partis, se souvient Olivier Alen. Aujourd'hui, j'en compte une petite dizaine sur le marché. Le problème est le même : ces 2-façades à petits prix étaient acquises par une clientèle qui ne peut dorénavant plus se le permettre, faute de bénéficier d'un prêt, à hauteur de 125 % du prix du bien qui plus est. " Et de qualifier la situation de " catastrophique " pour ce segment. " J'ai une de ces maisons 2 façades en portefeuille - construite en 1911, trois pièces en enfilade, deux à trois chambres, un jardin, quelques travaux à réaliser. J'étais persuadé que j'allais la vendre facilement, à 215 000 - 220 000 euros ; or, elle est toujours à prendre. " Il est toutefois un type de biens qui enregistre de bons résultats : celui des appartements... neufs. " Curieusement, ceux-ci se vendent cher et bien, entre 2 000 - 2 500 et 3 000 euros du mètre carré. Leur prix s'est stabilisé, voire bénéficie tout au plus d'une petite hausse, estime Olivier Alen. Ce qui n'est pas le cas des appartements anciens, dont les tarifs sont à la baisse, comme le reste du marché. " C'est que le segment est largement soutenu par des personnes âgées s'étant défait de leur villa, mais aussi, et surtout, par des investisseurs. Ces derniers, des particuliers qui misent sur la brique " en bon père de famille " pour la plupart, représentent " au minimum 60 % des transactions ". Résultat ? Les projets immobiliers ne manquent pas, ciblant le moindre terrain disponible. " Les appartements connaissent un boom à Braine-l'Alleud, observe Nicolas Pierre. Les terrains pouvant accueillir un ou plusieurs immeubles à appartements sont pris d'assaut. " " Ce qui n'est pas le cas de ceux convenant à une grosse villa ou, pire encore, tout juste à une 4-façades classique, complète Olivier Alen. Les prix de ces derniers se sont stabilisés entre 135 000 et 165 000 euros en moyenne, voire font l'objet d'une légère baisse. " Par Frédérique Masquelier