Certains de nos politiciens " twittent " depuis plusieurs mois avec des fortunes diverses. On trouve de tout sur les pages Twitter de nos élus, du (très) banal au légèrement intrigant, en passant par de (trop rares) véritables informations, le tout dépendant du niveau d'intérêt du lecteur. Un bouche-à-oreille numérique.
...

Certains de nos politiciens " twittent " depuis plusieurs mois avec des fortunes diverses. On trouve de tout sur les pages Twitter de nos élus, du (très) banal au légèrement intrigant, en passant par de (trop rares) véritables informations, le tout dépendant du niveau d'intérêt du lecteur. Un bouche-à-oreille numérique. Le 12 juillet, Jean-Michel Javaux innove en annonçant la plantation de l'olivier en Wallonie sur son Twitter. La surprise ne vint pas de l'annonce elle-même mais bien de l'utilisation de Twitter pour la diffuser. Plus de 1 300 personnes suivent les messages que le coprésident d'Ecolo envoie avec parcimonie. On peut y lire du " franglais " (" works... for the future of Brussels and Walloonia... et oui je gère mon Twitter moi-même ") et même répondre à ses questions (" en interview avec la RTBF sur Twitter. Et vous, ça vous branche Twitter ? "). Au niveau du style, il communique avec des phrases courtes dans un style décontracté et amical, bien dans l'esprit d'Internet. D'autres Ecolos " militent " sur ce nouveau support. Karim Majoros, conseiller communal anderlechtois, y expose, en direct, et en exclusivité le résultat de l'assemblée des militants lors du vote pour l'entrée d'Ecolo dans les gouvernements, à la mi-juillet, " Décision : BXL : Ecolo dans le gouvernement. Aucun non ! " Christos Doulkeridis profite même de cet espace pour nous raconter ses vacances en ce début du mois d'août : " Il va consulter les oracles à Delphes " et " est arrivé chez son papa et sa maman ". Chez les humanistes, très peu de candidats et aucune trace de Joëlle Milquet. André Antoine est, par contre, bien présent et use plutôt intelligemment de ses " tweets " pour rediriger les internautes vers son blog " Testez vos connaissances en développement durable sur mon blog : http://www.andre-antoine.be ". Un peu de patience pour les fans de Benoît Cerexhe, son profil est en effet protégé. Surprenant pour un homme public. Continuons notre tour virtuel par le PS. Un des plus assidus sur Twitter est Elio Di Rupo. Le président du PS vise l'efficacité. Il poste assez régulièrement des messages et est " suivi " par un bon millier de personnes. Ses derniers " posts ", qui datent de la fin du mois de juillet, nous informaient des exigences du PS vis-à-vis du financement des soins de santé et de son état d'esprit avant son départ en vacances " à le c£ur tranquille ". On trouve dans les rangs du PS, pas mal d'élus connectés, dont la très " cyberactive " députée et échevine bruxelloise Karine Lalieux aux messages souvent étayés d'un lien, " Post sur blog sur mon activité parlementaire semaine écoulée avec tentative explication loi sur droits d'auteur http://www.karinelalieux.be/ ". Du côté du MR, Didier Reynders mélange les messages légers (" Un peu de soleil sur la Hesbaye... ", " Bonne soirée avec Mamma mia en DVD ") et les " posts " plus cyniques envers ses amis du PS (" La première pression se fait vraiment à froid... L'huile d'olive sera légère dans nos régions " et " Twitter n'a pas besoin d'être dirigé et surtout pas par le PS, la Wallonie a déjà donné... "). On lui doit une belle erreur de communication, début juin, avec son matraquage du désormais célèbre message (" Le 7, votez 8 "), rapport subtil entre la date du 7 juin et le numéro 8 de la liste, envoyé à tout-va et qui en énerva plus d'un. De là à considérer Twitter comme l'outil ultime de relations publiques dont la force est la proximité entre l'homme public et les citoyens, il reste une marge. Les citoyens " followers " comme les politiques n'y trouvent pas encore leur compte. Avec, au mieux, un millier de " followers " chacun, la présence des politiques sur cette nouvelle plate-forme n'apporte pas encore la visibilité annoncée et la réelle valeur ajoutée de nombreux " posts " reste à découvrir pour les citoyens. Selon Christophe Lefevre, concepteur et développeur de projets Web, Twitter est, pour ceux qui savent l'utiliser, un des rares outils simples pour envoyer massivement, gratuitement et légalement de courts messages à partir de plusieurs plates-formes : par Internet, bien sûr, mais aussi par des logiciels de messagerie instantanée et grâce aux téléphones portables. " Imaginez ce que Barack Obama peut faire avec ses 1 888 420 suiveurs. Twitter offre à tous les politiques la possibilité de créer un vaste réseau de partisans en peu de temps pour transmettre des liens, échanger des idées ou trouver du sang neuf ", explique-t-il. Pour Mateusz Kukulka, journaliste spécialisé en nouvelles technologies, l'important pour les politiques est de réussir à créer une communauté fidèle de followers avec qui communiquer. Cette communauté doit, bien sûr, être représentative de la population, mais doit aussi compter un certain nombre d' " influenceurs " du Web. " Il s'agit de ces internautes qui passent énormément de temps sur Internet, qui font et défont les tendances et influencent plusieurs milliers de personnes par leurs écrits ", nous explique-t-il. Twitter permet de toucher des centaines, voire des milliers de personnes en un seul clic, une force dont peu de politiques belges ont pris conscience aujourd'hui. " Le Vif/L'Express est sur Twitter : http://twitter.com/LeVif FRÉDÉRIC MAES