Combien, diable, coûtera cette crise, que l'on dit la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? C'est, pour l'instant, impossible à dire. Un seul exemple : entre octobre et novembre 2008, le montant consacré au paiement du chômage temporaire est passé, vu le recours massif à cette formule, de 32,4 millions à 48,5 millions d'euros. Un autre indicateur ? A la fin du mois de novembre, aucun impôt n'avait donné le rendement escompté, creusant d'autant les finances publiques. Et les mois à venir ne vaudront guère mieux. Au contraire. ...

Combien, diable, coûtera cette crise, que l'on dit la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? C'est, pour l'instant, impossible à dire. Un seul exemple : entre octobre et novembre 2008, le montant consacré au paiement du chômage temporaire est passé, vu le recours massif à cette formule, de 32,4 millions à 48,5 millions d'euros. Un autre indicateur ? A la fin du mois de novembre, aucun impôt n'avait donné le rendement escompté, creusant d'autant les finances publiques. Et les mois à venir ne vaudront guère mieux. Au contraire. La crise coûtera, au minimum, 2,5 milliards d'euros cette année. C'est le prix du plan de relance concocté par le gouvernement fédéral qui prévoit, en vrac, une augmentation de certaines allocations sociales, un élargissement du chômage économique, un coup de pouce financier aux consommateurs dans le cadre de l'accord interprofessionnel, des investissements dans les infrastructures ferroviaires, des incitants pour les économies d'énergie, une réduction de la TVA pour favoriser les projets de construction, etc. Il table aussi, à juste titre, sur un recul des recettes fiscales. Ces 2,5 milliards vont forcément relever le taux d'endettement de la Belgique. Sauvetage des banques compris, ce dernier va brusquement remonter de 81,5 à 87 % d'ici à la fin de 2009. La charge d'intérêt suit forcément le mouvement : le surcoût annuel est estimé à 584 millions d'euros. Du coup, les taux d'intérêt exigés par les marchés pour assurer le financement du déficit seront, eux aussi, plus élevés. Cette crise entraînera aussi des coûts indirects, échelonnés dans le temps. Ainsi, l'actuel déficit des finances publiques ne permet pas d'alimenter le Fonds de vieillissement, censé assurer le paiement des pensions lorsque les salariés issus du baby-boom se retireront du marché de l'emploi. Les générations futures paieront cash ce manque de prévoyance. Ce sont elles aussi qui devront ramener le taux d'endettement du pays à un niveau plus compatible avec les exigences européennes (60 % du PIB). L'indexation automatique des salaires, plus que bienvenue pour soutenir la consommation privée, pourrait, aussi, se payer à terme : rien ne dit que des entreprises en difficulté ne feront pas le choix de licencier ou de fermer leurs portes en raison du surcoût causé par l'adaptation des salaires à l'évolution du coût de la vie. Bigre ! La crise actuelle laissera de bien encombrantes traces. Et cela pourrait être plus rude encore, si l'on suit certains économistes. " Le plan de relance belge est insuffisant, assène Geert Noels, économiste en chef chez Petercam. Il faut préparer un " plan global bis " pour rendre la Belgique plus compétitive. Les précédentes récessions qui ont frappé le pays, en 1981 et en 1993-1994, ont chaque fois donné lieu à des restructurations et, parallèlement, à un assainissement des finances publiques. Ce n'est pas le cas avec le plan de relance annoncé ici, qui n'est qu'un plâtre posé sur une fracture ouverte. "L.v.R.