Les premiers mois qui ont suivi le diagnostic ont mis le couple à rude épreuve, avec la succession de traitements lourds. " Nous étions sous le choc mais devions malgré tout continuer à gérer le quotidien le mieux possible, surtout pour nos trois petiots, se souvient Sophie. Nous étions régulièrement à bout, ce qui avait évidemment un impact sur notre relation. "
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Les premiers mois qui ont suivi le diagnostic ont mis le couple à rude épreuve, avec la succession de traitements lourds. " Nous étions sous le choc mais devions malgré tout continuer à gérer le quotidien le mieux possible, surtout pour nos trois petiots, se souvient Sophie. Nous étions régulièrement à bout, ce qui avait évidemment un impact sur notre relation. " Le psychologue-sexologue leur conseille de prendre du temps pour leur couple, " mais nous n'y arrivions pas - et encore moins à faire l'amour. J'étais paralysée par l'angoisse de ne pas survivre à la maladie. L'impression d'être moins séduisante après mon opération et ma chimio n'arrangeait évidemment rien, sans compter que j'étais continuellement épuisée. Le sexe était vraiment la dernière de mes préoccupations. Mon conjoint s'est montré très attentif, très compréhensif mais chez le psychologue-sexologue, il a tout de même avoué que nos rapports lui manquaient et qu'il avait peur, le manque aidant, de tomber plus facilement amoureux d'une autre. Cela a été un choc, bien sûr, mais j'ai aussi apprécié qu'il m'ouvre ainsi son âme. " Entre-temps, ils sont sortis de cette période houleuse et se sentent plus proches que jamais. " Nous comprenons mieux ce que l'autre nous apporte, combien nous nous aimons et ce qui compte vraiment dans la vie. Les suites de la maladie continuent toutefois à affecter notre intimité et notre sexualité. " " Le traitement antihormonal que je vais encore devoir prendre au quotidien pendant 7 ans provoque chez moi des problèmes de sécheresse vaginale que les humidificateurs internes, lubrifiants et traitements laser que j'ai essayés ne suffisent pas à soulager, explique-t-elle. La pénétration reste douloureuse. Bien sûr, il y a d'autres moyens d'atteindre l'orgasme mais mon traitement a malheureusement aussi entamé ma libido. Je ne ressens plus guère d'excitation ou de plaisir, ce qui m'ennuie pour moi mais aussi pour mon conjoint. Je le trouve toujours aussi séduisant et je ne veux vraiment pas qu'il en doute! Nous continuons donc à tâtonner pour trouver ce qui est agréable et ce qui nous donne du plaisir lorsque nous prenons du temps pour nous. Faire l'impasse sur l'intimité et la sexualité n'est en tout cas pas une solution, car la proximité physique est essentielle pour se sentir vraiment unis. Ce n'est qu'à l'occasion d'un grand bouleversement comme un cancer du sein qu'on en prend pleinement conscience. "