Il y a quelques années, le géographe américain Robert Kaplan prophétisait la " revanche de la géographie ". Et montrait que l'unification du monde, sous l'influence de la globalisation économique culturelle, n'ôte en rien à la géographie son influence sur...

Il y a quelques années, le géographe américain Robert Kaplan prophétisait la " revanche de la géographie ". Et montrait que l'unification du monde, sous l'influence de la globalisation économique culturelle, n'ôte en rien à la géographie son influence sur le devenir des sociétés. Le journaliste et écrivain Arnaud de La Grange en fait, lui, l'expérience concrète, dans son premier roman, Les Vents noirs. Nous sommes aux confins du désert de Taklamakan et de la Sibérie. Là, en territoire ouïgour, se trouve l'officier Verken, arrivé avec le bataillon colonial sibérien. Il a une haute et urgente mission : retrouver la trace d'un fantasque archéologue français perdu de vue. Ce dernier se nomme Thelliot. Il s'est mis en tête de prouver l'antériorité de la présence sur ces terres d'un vieux peuple indo-européen. Mais n'a-t-il pas, ce faisant, mécontenté le voisin chinois ? Un beau périple initiatique, doublé d'une réflexion sur le choc entre Orient et Occident. Les Vents noirs, par Arnaud de La Grange. J.-C. Lattès, 300 p. Retrouvez l'actualité littéraire aussi dans Focus Vif : cette semaine, Ils vont tuer Robert Kennedy, thriller paranoïaque solide de Marc Dugain, en page 42, et Brandebourg, dynamitage en règle du genre du roman du terroir signé Juli Zeh, page 43.A. LX