Au tournant des années 1990 - période qui présage du grand boom des £uvres latino-américaines - Agustin Coppel approche les jeunes pousses de l'art contemporain mexicain qui n'avaient, jusqu'alors, aucun rapport avec le milieu - un brin ségrégationniste - de l'art contemporain international. En bon mécène, il fait voyager ses " protégés ", les encourage à exposer à l'étranger et à se frotter à la production d'artistes d'autres contrées.
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Au tournant des années 1990 - période qui présage du grand boom des £uvres latino-américaines - Agustin Coppel approche les jeunes pousses de l'art contemporain mexicain qui n'avaient, jusqu'alors, aucun rapport avec le milieu - un brin ségrégationniste - de l'art contemporain international. En bon mécène, il fait voyager ses " protégés ", les encourage à exposer à l'étranger et à se frotter à la production d'artistes d'autres contrées. Paré d'un excellent sens de l'investissement à long terme, le collectionneur constitue de son côté un fonds d'art contemporain mêlant peintures, sculptures, photos, installations, vidéos d'époques et de provenances diverses et variées. Cette collection mâtinée d'allégresse prend une telle ampleur qu'elle peut aujourd'hui être considérée comme la deuxième plus importante en matière d'art contemporain au Mexique. Véritable performance pour une collection privée ! Assumant le caractère hétéroclite mais audacieux de leur collection, Isabel et Agustin Coppel s'interdisent d'orienter leurs choix en fonction de critères de sélection précis. Et pourtant, une cohérence se révèle et s'impose dans la subjectivité des goûts des collectionneurs. Leur intérêt se porte, de manière quasi exclusive, sur des pièces consacrées à l'être humain, ses relations sociales, ses rapports à l'environnement et aux vestiges de la civilisation mexicaine, mais aussi à ses préoccupations actuelles. Le fil d'Ariane qui soutiendrait dès lors cet éclectisme apparent serait d'essayer de percevoir comment l'art parle de l'homme et, inversement, comment ce dernier parle d'art. Quelque 70 £uvres de cette saisissante collection sont présentées, et ce jusqu'au 28 novembre, au B.P.S. 22 de Charleroi. Entendez ici les initiales de Bâtiment provincial Solvay, une institution qui s'est imposée en moins de cinq ans comme l'une des rares références en matière de créations - pour cette exposition qui peut être pressentie comme un instrument permettant l'esquisse d'une définition de l'art contemporain mexicain et de ses différences fondamentales avec la production internationale. Parmi les artistes présentés, soulignons quelques photographes historiques (Manuel Alvarez Bravo, Helen Levitt, William Eggleston), des peintres et photographes mexicains (Enrique Guzman, Mariana Yampolsky), de grands noms de l'art international (Maurizio Cattelan, Ed Ruscha, Dan Graham), mais aussi la jeune génération mexicaine ou installée au Mexique, à l'instar d'Abraham Cruzvillegas ou de notre compatriote, Francis Alÿs. A découvrir sans tarder, d'autant que beaucoup de ces plasticiens ne sont jamais - ou si rarement ! - présentés au public belge. México : esperado/inesperado, B.P.S. 22, Espace de création contemporaine de la Province de Hainaut. Site de l'Université du Travail, 22, boulevard Solvay, à Charleroi. Jusqu'au 28 novembre (du mercredi au dimanche, de 12 à 18 heures). http://bps22.hainaut.be GWENNAëLLE GRIBAUMONT