Le regain d'amplitude de la pandémie semble avoir une victime toute désignée: les non-vaccinés. Est-ce aussi évident? Est-ce juste? Dès le départ, l'enjeu des vaccins était clairement énoncé: ils protègent "temporairement" des complications "graves" de la maladie. Peut-être était-ce écrit en to...

Le regain d'amplitude de la pandémie semble avoir une victime toute désignée: les non-vaccinés. Est-ce aussi évident? Est-ce juste? Dès le départ, l'enjeu des vaccins était clairement énoncé: ils protègent "temporairement" des complications "graves" de la maladie. Peut-être était-ce écrit en tout petit, comme les clauses d'exclusion d'un contrat d'assurance? Pas grand monde ne l'a vu ni compris. Or, il est patent que les vaccinés sont porteurs, contagieux et vulnérables. Et ils ont eu des mois durant des comportements à risque évidents. [...] Est-il logique, dès lors, de faire porter le chapeau du regain de la pandémie à 25% de la population qui n'a pas une "couverture complète", présentés comme des rebelles inciviques, quelle que soit leur motivation, ou à 75% des vaccinés qui ont négligé les mesures de précautions élémentaires? Et pourquoi l'ont-ils fait? Largement parce que le Covid pass, outre l'effet pervers de diviser la population de façon manichéenne, a renforcé le faux sentiment d'immunité des vaccinés, en leur permettant notamment de ne pas porter le masque lors d'événements de masse, mais aussi en faisant tomber, face à leurs proches, les gestes barrières dont ils étaient lassés et dont ils se sentaient, perfidement, dispensés. "Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime", disait Jacques Attali.