C'est une pratique artistique précieuse souvent conservée à l'abri des regards : l'art mural tibétain. Ses contours baroques et colorés dessinent une esthétique unique qui exprime avec force la culture bouddhique de ce petit pays au rayonnement spirituel certes exceptionnel... mais dont le corps d'argile risque à tout moment d'être broyé sous les rou...

C'est une pratique artistique précieuse souvent conservée à l'abri des regards : l'art mural tibétain. Ses contours baroques et colorés dessinent une esthétique unique qui exprime avec force la culture bouddhique de ce petit pays au rayonnement spirituel certes exceptionnel... mais dont le corps d'argile risque à tout moment d'être broyé sous les roues d'un hégémonique voisin grand comme un continent. Photographe et écrivain américain collaborant, entre autres, au National Geographic, Thomas Laird s'est pris de passion pour l'Himalaya il y a près de cinquante ans. Il a consacré dix années de sa vie à immortaliser les fresques du bouddhisme tibétain en les traquant dans les recoins les plus reculés du pays. Ce corpus documentaire unique paraît aujourd'hui chez Taschen. Par le biais de sa collection " Sumo ", la célèbre maison d'édition nous avait habitués aux prouesses - on se souvient d'une brique de 30 kilos consacrée à l'oeuvre du photographe australien Helmut Newton. Cette fois, elle passe à la vitesse supérieure avec cet ouvrage de 498 pages ne pesant pas moins de... 56 kilos. Murals of Tibet se découvre comme un " monument adressé à la culture tibétaine " permettant une compréhension approfondie de la spiritualité qui lui est associée. En marge de l'imposant volume, un traité explicatif, nettement plus maniable celui-là, livre les sous-titres au fil de 529 pages. Chaque image est décryptée par des spécialistes de la question, entre autres les écrivain, professeur et chercheur dans les domaines de la tibétologie et du bouddhisme Robert Thurman, Heather Stoddard et Jakob Winkler. On se précipite en librairie ? Sans hésiter, à condition de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare... et d'être prêt à débourser 10 000 euros.