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> Sous Martens. En 1982, la coalition sociale-chrétienne - libérale se soude autour des ténors politiques du moment. " J'ai compris qu'il valait mieux intégrer les principaux leaders de la coalition dans le gouvernement ", rappelle Wilfried Martens. Le président du CVP et ex-Premier ministre Leo Tindemans, rival encombrant de Martens, est ainsi recasé aux Affaires étrangères. Le même point de chute s'offrira à un certain Yves Leterme au sein du gouvernement Van Rompuy...
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> Sous Martens. En 1982, la coalition sociale-chrétienne - libérale se soude autour des ténors politiques du moment. " J'ai compris qu'il valait mieux intégrer les principaux leaders de la coalition dans le gouvernement ", rappelle Wilfried Martens. Le président du CVP et ex-Premier ministre Leo Tindemans, rival encombrant de Martens, est ainsi recasé aux Affaires étrangères. Le même point de chute s'offrira à un certain Yves Leterme au sein du gouvernement Van Rompuy... > Sous Dehaene. A la tête d'une bipartite socialiste - sociale-chrétienne à partir de 1992, Jean-Luc Dehaene joue aussi la carte des hommes forts, expérimentés, unis par un devoir de loyauté. Son tandem avec le PS Philippe Moureaux, aux Affaires sociales jusqu'en 1993, fait merveille. La complicité remonte au temps où ils officiaient comme chefs de cabinet. " Les relations interpersonnelles jouent un rôle fondamental. On est parfois seul et rarement applaudi quand on mène une politique de rigueur. Il faut pouvoir tenir le coup en montrant du caractère mais aussi en pouvant compter sur des soutiens ", se rappelle Philippe Moureaux. > Sous Van Rompuy. Un Premier ministre contre son gré, à la tête d'une équipe qu'il n'a pas choisie ni formée. Martens a vécu cet inconfort en héritant, en 1988, d'une coalition socialiste - sociale-chrétienne : " Il est très difficile de diriger une coalition lorsqu'on n'a pas participé aux négociations préliminaires. " Van Rompuy Ier respire tout sauf la cohésion, sous ses allures de tripartite inachevée. Avec une famille socialiste, un pied dans la majorité (le PS), un pied dans l'opposition (le SP.A). Martens a assaini avec les libéraux, Dehaene, avec les socialistes. Van Rompuy hérite des deux sensibilités. Ce n'est pas un cadeau : " Assumer une politique d'austérité n'est pas pire avec les uns qu'avec les autres. Mais les deux à bord, c'est handicapant ", souffle un ministre démocrate-chrétien. " Peu de ministres actuels ont une réelle expérience d'économies budgétaires ", s'inquiète un ancien de l'équipe Dehaene. Hormis Laurette Onkelinx et son passé chahuté de ministre de l'Enseignement dans les années 1990. Ainsi que Van Rompuy. Fédéralisation oblige, le gouvernement fédéral n'est plus l'unique réceptacle des hommes forts du paysage politique. > Wilfried Martens. Il pilotait l'austérité " en notaire du gouvernement, qui attend le compromis et recueille le consensus ", note l'ancien chroniqueur politique Hugo De Ridder. Un rôle de chef d'orchestre. > Jean-Luc Dehaene. Il mettait les mains dans le cambouis, avec autorité, voire brutalité. " Il réussissait à constituer une équipe tout en étant aussi son moteur. C'est assez rare ", se souvient un ancien ministre. > Herman Van Rompuy. " Il est plus proche de Dehaene, intellectuellement. Il a cette même capacité de prendre des initiatives ", témoigne un de ses anciens collègues. L'étoffe d'un vrai " patron " ? " Il connaît ses dossiers, mais il était toujours couvert par Martens ou Dehaene. Plutôt le profil d'un conseiller ", commente, sceptique, un connaisseur du personnage. " Il tranche par une allure monacale, mais aussi par ses qualités humaines et sa dimension philosophique. Cet atypisme peut en faire une force ", estime Mark Eyskens. " Je me délecte dans la patrie des poètes, c'est-à-dire le passé. Alors que Jean-Luc lit beaucoup sur l'avenir ", confiait un jour Van Rompuy. Voilà qui ne forge pas, a priori, l'artisan sans états d'âme d'une cure d'austérité. Mais l'homme a pour lui une intelligence analytique aiguë, une capacité de fédérer et de calmer les esprits. n