" Ça a commencé par des textos. Innocents, anodins mais plutôt sur le mode de l'humour. Je l'avais rencontré parce qu'il faisait partie d'une bande de copains, dans laquelle j'arrivais un peu par hasard, parce qu'une des filles m'aimait bien et m'avait fait entrer dedans. Assez vite, lui, je l'ai trouvé intéressant. Je l'aimais bien. C'est tout. Il répondait vite aux SMS. Avec esprit. C'était jamais long mais toujours bien tapé. Ça me plaisait bie...

" Ça a commencé par des textos. Innocents, anodins mais plutôt sur le mode de l'humour. Je l'avais rencontré parce qu'il faisait partie d'une bande de copains, dans laquelle j'arrivais un peu par hasard, parce qu'une des filles m'aimait bien et m'avait fait entrer dedans. Assez vite, lui, je l'ai trouvé intéressant. Je l'aimais bien. C'est tout. Il répondait vite aux SMS. Avec esprit. C'était jamais long mais toujours bien tapé. Ça me plaisait bien. On a démarré par un ou deux échanges sur une semaine, le premier mois. Puis deux ou trois par jour. Puis de plus en plus. On s'est échangé des mails, via les adresses de nos boulots respectifs. Puis aussi via nos adresses électroniques privées. Puis on se téléphonait. C'était toujours comme ça, pour voir comment ça allait, pour se raconter des trucs. Ça ne durait pas longtemps, mais j'ai quand même pris un deuxième numéro, pour que mon mari ne se doute de rien. Puis on a communiqué, en plus, par Google Talk, depuis l'ordinateur, en mode privé, au bureau et à la maison. Puis on a ajouté les messages et conversations sur Facebook. J'ai acheté un smartphone, lui en avait un, déjà. On pouvait être en contact par n'importe quel moyen, n'importe quand et n'importe où. Dans le train, le tram, en voiture, au boulot, dans la rue, à la maison. J'ai passé des week-ends à l'étranger avec mon mari et mes enfants durant lesquels je continuais à envoyer à celui qui n'était pas encore mon amant des photos, des mots, des musiques, des messages enregistrés, etc., jour et nuit. Et bon, je me suis rendu compte que ce qui était au départ une sorte de jeu, une occupation, une relation virtuelle, prenait presque toute la place. Lui, pareil : les messages étaient de plus en plus chauds, de plus en plus intimes, de plus en plus passionnés. Et on a franchi le pas. Ça dure depuis neuf mois et demi. C'est toujours clandestin, toujours extraconjugal, donc toujours beaucoup plus vécu par smartphone et ordinateurs interposés qu'en vrai. Il y a de l'amour dans cette histoire, réciproque et authentique. Mais elle n'aurait sans doute jamais pris une telle dimension s'il n'y avait pas eu toutes ces possibilités technologiques. Même séparés, on n'était jamais loin de l'autre. Jamais loin des yeux. Donc jamais loin du c£ur... "TH. F.