Parfois, c'est tout simplement parce que l'histoire est bouclée, qu'on n'a plus grand-chose d'important à ajouter. Souvent, c'est une question d'essoufflement. Du public, ou des créatifs. Comme pour Parks and Recreation, petit bijou d'humour décalé qui, sept années durant, aura décrit le quotidien d'une petite administration municipale où défenseurs farouches de la cause publique (Leslie Knope, jouée par une Amy Poelher finalement récompensée par le Golden Globe en 2014) et pourfendeurs notoires de l'Etat (l'hilarant Ron Swanson, campé par un Nick Offerman revu...

Parfois, c'est tout simplement parce que l'histoire est bouclée, qu'on n'a plus grand-chose d'important à ajouter. Souvent, c'est une question d'essoufflement. Du public, ou des créatifs. Comme pour Parks and Recreation, petit bijou d'humour décalé qui, sept années durant, aura décrit le quotidien d'une petite administration municipale où défenseurs farouches de la cause publique (Leslie Knope, jouée par une Amy Poelher finalement récompensée par le Golden Globe en 2014) et pourfendeurs notoires de l'Etat (l'hilarant Ron Swanson, campé par un Nick Offerman revu dans Fargo, saison 2) s'affrontaient dans des joutes assez exceptionnelles. Autre comédie à tirer sa révérence en 2015, Glee, lancée six ans plus tôt par ce filou de Ryan Murphy, aura enchanté ses aficionados avec son intrigue mêlant vie d'une école et reprises des plus grands standards internationaux. Au rayon des drames, c'est d'abord à Mad Men qu'il faut rendre hommage. Même si son créateur Matthew Wiener se consolera avec les innombrables récompenses glanées par sa percée dans le monde de la pub des sixties, on peut imaginer que les fans se sentent bien orphelins... Pareil pour ceux de Sons of Anarchy, dans un registre largement plus musclé. Si ses dernières saisons ont un peu joué la surenchère en termes de violence, on ne peut que saluer le portrait général d'un groupe de motards hors-la-loi dessiné par Kurt Sutter. Tout comme on saluera la disparition de l'excellente Justified, western moderne plein de rednecks porté pendant six saisons par un Timothy Olyphant particulièrement bien inspiré. 2015, ce sera également la fin de Boardwalk Empire, l'une des séries les plus abouties de ce début de siècle. Laquelle démarrait avec un sacré pedigree puisque son pilote, écrit par Terrence Winter (l'une des plumes récurrentes des mythiques Sopranos), était réalisé en 2010 par Martin Scorsese en personne. On ne peut que vous conseiller de rattraper cette plongée post-prohibition dans le monde du crime de la côte Est américaine. Magistral, mais pas suffisamment pour un public qui a fini, assez rapidement (et de manière un peu incompréhensible), par s'en désintéresser. Mais si des chefs-d'oeuvre comme Mad Men ou Boardwalk Empire ont disparu de nos écrans, des séries moins ambitieuses artistiquement, mais bougrement populaires, ont elles aussi rendu leur dernier souffle en cette année 2015. C'est le cas de The Mentalist, au désespoir des femmes tombées éperdument amoureuses de ce bellâtre de Simon Baker. Ça l'est également de CSI, Les Experts dans leur traduction française, qui rendent les armes après quinze ans! Mais pas (trop) de panique pour les fans: la série policière, déjà déclinée par le passé à Manhattan ou à Miami, jouira d'un nouveau spin-off nommé CSI : Cyber et dont on devine déjà les intrigues informatiques... Guy Verstraeten