Le parc immobilier schaerbeekois est extrêmement harmonieux et homogène, voire... uniforme. Et pour cause, " la quasi totalité de ses longues avenues bordées de belles bâtisses anciennes ont été construites dans les années 1900 à 1930 ", explique le géomètre expert Eric De Keghel. La bourgeoisie de l'époque avait, en effet, décidé d'y établir ses nouveaux quartiers, en périphérie de Bruxelles.
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Le parc immobilier schaerbeekois est extrêmement harmonieux et homogène, voire... uniforme. Et pour cause, " la quasi totalité de ses longues avenues bordées de belles bâtisses anciennes ont été construites dans les années 1900 à 1930 ", explique le géomètre expert Eric De Keghel. La bourgeoisie de l'époque avait, en effet, décidé d'y établir ses nouveaux quartiers, en périphérie de Bruxelles. Aujourd'hui, les classes aisées ne sont plus majoritaires au sein de la population de la commune. Elles ont été rejointes au fil des ans par d'autres profils d'habitants qui ont insufflé des énergies très différentes à leurs quartiers d'adoption. Ainsi, des familles issues de l'immigration se sont installées autour de la place Liedts et des rues Verte, d'Aerschot, Gallait, de la Marne. " C'est là, aux limites de Saint-Josse-ten-Noode, que l'on trouve les biens les moins onéreux, indique le géomètre, sauf peut-être rue de Brabant, où les immeubles commerciaux s'échangent à des prix élevés. " D'un extrême à l'autre, nombre de (très) riches eurocrates ont également posé leurs valises à Schaerbeek. Ils gravitent autour du square et de l'avenue Eugène Plasky. Et n'ont pas manqué d'en faire grimper la valeur en flèche. " La proximité immédiate de la Commission et de plusieurs arrêts du pré-métro les ont ancrés dans ce quartier ", détaille Eric De Keghel. Leur amour des veilles pierres, aussi. " A commencer par les Anglais, qui ont acheté et rénové de grandes maisons de maître à une époque où elles n'avaient plus trop la cote parmi les locaux. " Dans leur sillon, d'autres ont (enfin) réalisé le potentiel de la commune voici 15-20 ans, tandis qu'ils sont désormais nombreux à s'y précipiter. Résultat ? Plusieurs coins de Schaerbeek connaissent une nouvelle jeunesse. Et ce, d'autant que ceux-ci se targuent de tarifs intermédiaires, péchant par leur relatif éloignement et une mauvaise desserte en transports en commun, glisse le géomètre, citant le quartier Huart Hamoir, autour de l'avenue éponyme. Ou encore celui des Fleurs, le long du boulevard Lambermont, aux noms de rues poétiques : des Jacinthes, Pensées, Mimosas, Capucines, etc. Autre zone intéressante, plus proche du centre de Schaerbeek, celle de la place Colignon et de la maison communale. Ces quartiers sont fort recherchés par les jeunes, attirés par leurs prix plus doux, quitte à prendre leur... vélo pour rejoindre les facilités et les lieux de sortie. Dont la place des Chasseurs ardennais, qui prend des airs de place Flagey le vendredi soir. " C'est un peu le "Ixelles" de Schaerbeek ", sourit Eric De Keghel. UN DOSSIER DE FRÉDÉRIQUE MASQUELIERPlusieurs coins de Schaerbeek connaissent une nouvelle jeunesse