Le temps des élections. Le temps des interrogations. Le temps de poser les bonnes questions, celles qui touchent directement notre quotidien et conditionnent notre futur. Le temps privilégié, aussi, pour les partis politiques d'apporter des réponses nettes, de s'engager. Sans faux-fuyants, ni dérobade stratégique. Surtout quand il s'agit d'un sujet aussi sensible que le regroupement familial, un dossier que nous avons choisi d'ouvrir cette semaine sans tabou ni préjugé. Malgré l'hyper-émotivité, teintée de culpabilité parfois, qu'il suscite. Savoir-voir et savoir-dire. Pour mieux savoir faire.
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Le temps des élections. Le temps des interrogations. Le temps de poser les bonnes questions, celles qui touchent directement notre quotidien et conditionnent notre futur. Le temps privilégié, aussi, pour les partis politiques d'apporter des réponses nettes, de s'engager. Sans faux-fuyants, ni dérobade stratégique. Surtout quand il s'agit d'un sujet aussi sensible que le regroupement familial, un dossier que nous avons choisi d'ouvrir cette semaine sans tabou ni préjugé. Malgré l'hyper-émotivité, teintée de culpabilité parfois, qu'il suscite. Savoir-voir et savoir-dire. Pour mieux savoir faire. La Belgique a enregistré pour la seule année 2007 un niveau d'immigration historique, pas moins de 64 500 personnes (l'équivalent d'une petite ville), dont 20 % liés au seul regroupement familial. Bien sûr, le chiffre interpelle. Et peut conduire certains à se raidir mentalement. Et aussitôt les esprits de s'affoler. Quel impact sur les finances publiques ? Sur la cohésion sociale ? Sur l'indispensable intégration ? Quels équilibres pour être juste, quelles règles pour baliser sans porter atteinte au sacro-saint droit fondamental de vivre en famille et qui permet aux non-Européens de migrer légalement vers notre pays ? L'eldorado, enfin, alors que, le plus souvent, ils ne trouveront que précarité et vie borderline. Pour preuve : le taux de chômage des " allochtones " (essentiellement marocains et turcs) à Bruxelles qui frôle les 30 %, voire 40 % dans certaines communes. Et puis, le regroupement familial ne passe-t-il pas aussi, trop souvent, par des mariages blancs, forcés qui laissent bien démunies des jeunes femmes fraîchement divorcées, leurs enfants sur les bras, pendant que le mari désigné par la famille fait déjà le coucou dans un autre nid ? Que dire, aussi, de ces personnes âgées propulsées dans une autre culture, loin de leurs villages natals, incapables de communiquer dans la langue du pays d'accueil, fragilisées ? Impossible d'éluder une réalité qui tombe dru et qui, pour être résolue, exige non seulement un zeste de sagesse, mais aussi beaucoup de courage politique. Pas des accords funambulesques, des bricolages incertains. Mais bien des lignes claires, des normes visibles, solides, du sur-mesure noué main. MR, PS, CDH, Ecolo, SP. A, Open VLD, CD&V... tous, nous les avons interrogés. Tous prêts à se battre contre les unions imposées, mais divisés quand il s'agit d'imposer aux futurs arrivants ou accueillants un niveau de revenu minimum ou l'apprentissage de l'une des langues nationales. Or les accords politiques conclus en juin 2008, et qui avaient pour objectif de resserrer les conditions d'immigration, devront nécessairement subir un nouveau lifting. Un enjeu capital que l'on ne peut balayer d'un revers de la main. Pas de doute possible. On sait la Belgique généreuse et accueillante. Tout le monde voudrait donc bien... mais ne peut pas nécessairement. Oui à l'immigration, s'il s'agit d'offrir au plus démuni une vie meilleure. Non, en revanche, si, faute d'un vrai cadre, il n'a pour horizon que la seule paupérisation. On ne peut décemment pas accrocher ce dossier à une ligne de fuite. Le respect de l'autre passe par un véritable engagement. Dans l'intérêt de tous.