On est passé directement à d'autres sujets de conversation. Sans transition. Après une dizaine de jours de matraquage médiatique et des prévisions apocalyptiques, un étrange silence est tombé sur le virus H1N1. A croire que la pandémie prestement classée " niveau d'alerte 5 " par le gouvernement français n'aurait duré qu'une semaine. Evidemment, il n'en est rien. D'une part, même si elle fait moins de bruit, la maladie n'a pas disparu et mobilise les chercheurs ; elle continue ...

On est passé directement à d'autres sujets de conversation. Sans transition. Après une dizaine de jours de matraquage médiatique et des prévisions apocalyptiques, un étrange silence est tombé sur le virus H1N1. A croire que la pandémie prestement classée " niveau d'alerte 5 " par le gouvernement français n'aurait duré qu'une semaine. Evidemment, il n'en est rien. D'une part, même si elle fait moins de bruit, la maladie n'a pas disparu et mobilise les chercheurs ; elle continue de progresser lentement au Mexique comme aux Etats-Unis et on dénombre maintenant des cas suspects en Chine et au Japon. D'autre part, l'affolement planétaire appelle à son tour un diagnostic comportemental. Qu'elle soit nommée porcine, mexicaine ou simplement " A ", la grippe en question a une fois encore confirmé qu'il n'y a plus rien d'isolé dans l'univers : de même qu'une faillite bancaire est susceptible de contaminer toutes les places financières, un virus local se répand aisément au monde entier - et la psychose est sans frontières. Pis encore, non seulement les fléaux concernent tout le monde, quelle que soit la latitude, mais ils perturbent les hommes instantanément, sans délai. De notre aptitude à répondre, spatialement et temporellement, à ces défis polymorphes dépend notre capacité d'appréhender le xxie siècle. Or, face à l'affolement planétaire, il est clairement apparu que les citoyens ne se sont tournés ni vers l'Organisation mondiale de la santé ni vers une quelconque instance internationale adaptée. Ce sont les Etats, un par un, qui se sont dépêchés d'apporter leurs propres remèdes à leurs populations respectives. Processus rapide et efficace, mais qui revient à dresser des barrières ou à ériger des murs. Résultat : à un mal commun répond une masse d'initiatives locales, dont l'effet principal est d'amplifier à l'infini l'écho de la pandémie. Cet effet " roulements de tambour " engendre une angoisse mondialisée, laquelle ne fait qu'ajouter au désordre général. Sans parler du gouvernement égyptien, qui en profite pour donner des gages aux islamistes en liquidant l'élevage des porcs destinés à la minorité chrétienne... Deux mois après le G 20 et l'espoir d'une conscience collective, on est en droit d'espérer qu'une meilleure coordination internationale voie enfin le jour en matière de pandémie. Pourquoi a-t-on pu se réunir au sommet pour parler d'argent et pas pour parler de santé ?