Le " prêt Tremplin ", c'est un cadeau offert par la Région wallonne à tous les candidats propriétaires, sans restriction d'âge ou de revenus. La seule limite, c'est la valeur vénale du bâtiment à acquérir, qui ne peut excéder 150 000 euros (hors TVA et hors achat du terrain s'il s'agit d'un logement neuf ou à construire). Cette somme est majorée dans les arrondissements à forte pression foncière, comme en Brabant wallon où elle est portée à 215 000 euros.
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Le " prêt Tremplin ", c'est un cadeau offert par la Région wallonne à tous les candidats propriétaires, sans restriction d'âge ou de revenus. La seule limite, c'est la valeur vénale du bâtiment à acquérir, qui ne peut excéder 150 000 euros (hors TVA et hors achat du terrain s'il s'agit d'un logement neuf ou à construire). Cette somme est majorée dans les arrondissements à forte pression foncière, comme en Brabant wallon où elle est portée à 215 000 euros. Un beau cadeau du Brabançon André Antoine (CDH), précédent ministre du Logement : concrètement, il s'agit d'une réduction de la mensualité du prêt hypothécaire de 100 euros par mois pendant deux ans, et puis de 50 euros par mois pendant six ans, soit un paquet enrubanné de 6 000 euros par ménage. Mais maintenant que le département est géré par un autre, en l'occurrence l'Ecolo Jean-Marc Nollet, et que lui-même est en charge du Budget, André Antoine devra être le premier à détricoter son système. Fin août, environ 12 000 prêts Tremplin avaient ainsi été acceptés, soit un budget de 72 millions d'euros. A répartir, il est vrai, sur plusieurs années, mais qui pèsera tout de même une quinzaine de millions dans le budget régional de l'année prochaine. Sans compter qu'il reste cinq mois à comptabiliser, et que la demande risque bien d'exploser d'ici au 31 décembre 2009. Car ce n'est un secret pour personne que les jours du prêt Tremplin sous sa forme actuelle (valable jusqu'à la fin de l'année) sont comptés. Dans sa Déclaration de politique régionale (DPR), le nouveau gouvernement précise en effet qu'il réservera les aides du prêt Tremplin aux ménages à revenus précaires, modestes et moyens, soit les ménages qui auront eu accès aux prêts sociaux du FWL (le Fonds du logement) ou de la SWCS (Société wallonne de crédit social). Cette limitation de l'accès risque de provoquer le rush d'ici à décembre et de faire grimper le nombre de dossiers à plus de 15 000 cette année, soit un coût pour la Région de plus de 18 millions d'euros rien que pour 2010. " C'est un soutien au secteur de la construction ", rétorquent certains. Ce qui n'est pas tout à fait exact : près de la moitié des prêts Tremplin aujourd'hui octroyés l'ont été pour l'achat de logements ne nécessitant pas de travaux, et 10 % à peine pour des constructions neuves. Par contre, c'est un véritable soutien aux banques dans leur prospection de prêts hypothécaires. La DPR envisage également de réformer le système des primes " énergie-logement ", de lier celles-ci aux revenus, et de privilégier les aides les plus efficaces : isolation, ventilation et chauffages performants. L'avantageux dispositif d'aide à l'installation de panneaux photovoltaïques (une prime de 3 500 euros en plus des certificats verts et des avantages fiscaux) n'est pas du nombre et risque également d'être raboté. Ce n'est pas la production d'électricité à partir du soleil qui est en cause, mais l'utilisation massive des deniers publics pour la favoriser. Cet argent serait mieux utilisé, en termes d'efficacité énergétique et de réduction des émissions de CO2, s'il était consacré à encourager l'isolation des logements wallons : 30 % de ceux-ci n'ont pas de double vitrage, et 55 % des toitures ne sont pas isolées... MICHEL DELWICHE