A mille lieues de ces errances, Jongeleen instaure une pratique à mi-chemin entre le land art d'un Richard Long, le conceptualisme d'un Jan Dibbets et la performance. Running in Circles se découvre comme une installation composée de huit écrans formant un cercle au milieu duquel se positionne le r...

A mille lieues de ces errances, Jongeleen instaure une pratique à mi-chemin entre le land art d'un Richard Long, le conceptualisme d'un Jan Dibbets et la performance. Running in Circles se découvre comme une installation composée de huit écrans formant un cercle au milieu duquel se positionne le regardeur. Sur chacun des écrans plasma, une scène similaire: un homme tourne en rond, ou plus exactement court en rond, filmé par un drone surplombant le manège. Le dispositif redondant s'avère vertigineux, l'oeil est magnétisé par ce coureur, qui n'est autre que l'artiste lui-même, dont le passage répété sur une surface trace de fascinantes géométries circulaires. Outre la beauté intrinsèque du cadrage, difficile d'épuiser toutes les significations de cette proposition artistique. Il est bien sûr question de l'éternel retour du même que l'on peut lire chez Nietzsche, une tâche existentielle par excellence - un écran exhibe d'ailleurs la trace de Jongeleen aux prises avec les effacements de la marée. Mais il s'agit aussi, et surtout, de réappropriations contextualisées par les différents endroits des performances qui sont en réalité des friches et des espaces arrachés au bien commun à travers des activités de prédation polluante. Enfin, il ne faut pas manquer l'admirable dimension d'effort. Celle-là même que toute oeuvre finie dissimule et qui, comme par magie, éclate ici au grand jour.