Jean-Luc Moerman

Moerman, le retour. Formuler de cette façon la triple actualité du plasticien bruxellois est plutôt tordu quand on sait l'obsessionnel du travail qu'il est - pas un jour ne passe sans que ne surgissent des "daily automatic hand drawing" et autres expérimentations en ligne. Reste que depuis qu'il n'a plus de galeriste attitré en Be...

Moerman, le retour. Formuler de cette façon la triple actualité du plasticien bruxellois est plutôt tordu quand on sait l'obsessionnel du travail qu'il est - pas un jour ne passe sans que ne surgissent des "daily automatic hand drawing" et autres expérimentations en ligne. Reste que depuis qu'il n'a plus de galeriste attitré en Belgique, l'artiste s'est fait plus discret en ce qu'il refuse le grand barnum de l'art contemporain. Puisque Moerman (Bruxelles, 1967) ne va plus aux galeries, ce sont désormais les galeries et autres lieux qui le sollicitent. A la mer, à Knokke plus précisément, c'est au sein d'une exposition collective qu'on le retrouve. "Bipolar" fait place à une brochette de talents nationaux, de Marie-Jo Lafontaine à Léon Spilliaert, en passant par Pascal Bernier et James Ensor. A Bruxelles, la même structure, à savoir la Belgian Gallery, consacre un accrochage aux célèbres reproductions tatouées de l'artiste qui repasse pour l'occasion sur des toiles signées par des peintres belges, de Paul Delvaux à Félicien Rops. Toutefois, c'est surtout la proposition inédite faite dans le cadre du Mont-de-piété que l'on retient. Moerman y déploiera une sorte d'arte povera, "faire de l'art avec zéro moyen" comme il le dit, qu'on ne lui connaissait pas jusqu'ici: fils de laine, papier aluminium (celui-là même qui sert à emballer les tartines et à se préserver du mauvais oeil) ou encore branches mortes.