Le DAR (Décret wallon d'autorisation régionale)

Lancé par André Antoine lorsqu'il était ministre de l'Aménagement du territoire, en 2008, ce décret instituait une procédure d'exception qui devait éviter à de grands projets d'infrastructure d'être freinés par des recours au Conseil d'Etat. La Cour constitutionnelle l'a invalidé en novembre 2012, jugeant anormal que le parlement se contente de ratifier un permis accordé par le gouvernement. Le nouveau Code du développement territorial réintroduira une procédure d'examen approfondi par les députés wallons.
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Lancé par André Antoine lorsqu'il était ministre de l'Aménagement du territoire, en 2008, ce décret instituait une procédure d'exception qui devait éviter à de grands projets d'infrastructure d'être freinés par des recours au Conseil d'Etat. La Cour constitutionnelle l'a invalidé en novembre 2012, jugeant anormal que le parlement se contente de ratifier un permis accordé par le gouvernement. Le nouveau Code du développement territorial réintroduira une procédure d'examen approfondi par les députés wallons. fixe toutes les procédures et règles en ces matières. Revu et corrigé 150 fois en dix ans, sous l'ère André Antoine, au point de devenir ubuesque, il vient d'être entièrement réformé, sous la houlette du ministre Henry, pour redevenir utilisable. Cette fonctionnaire expérimentée, qui dirigeait l'administration de l'aménagement du territoire, a été limogée en juillet 2008 sous la pression d'André Antoine. Il est vrai que ces deux tempéraments n'étaient pas faits pour s'entendre. Un site Internet baptisé Mister-Antoine.be avait même fleuri dans la foulée de ce départ forcé, porté par des fonctionnaires anonymes. Six semaines plus tard, l'intéressée avait été choisie par le gouvernement wallon - comprenne qui pourra - comme secrétaire générale du Service public de Wallonie (SPW), l'administration centrale régionale. Aujourd'hui pensionnée, elle travaille désormais comme experte au cabinet du ministre Nollet. Activé par André Antoine au milieu des années 2000, le plan Solwatt prévoyait d'offrir un soutien financier aux particuliers et aux PME qui se dotaient d'installations photovoltaïques. Objet d'un emballement fou, le projet a dérapé au point de coûter 2,5 milliards d'euros à la collectivité. Le gouvernement wallon a tardivement décidé de réduire cette aide, au grand dam des consommateurs. Le ministre Antoine rappelle que le texte prévoyait dès l'origine de revoir ces aides à la baisse et déplore que le nouveau ministre de tutelle, Jean-Marc Nollet, n'ait pas bougé plus tôt. Il aurait pu le faire lui-même, ou, du moins, initier le mouvement, puisque diverses mises en garde lui avaient déjà été adressées. Mais le geste était impopulaire. Après des mois de querelle au sein du gouvernement wallon, entre les Brabançons emmenés par André Antoine d'une part, et les Liégeois incarnés par le ministre Jean-Claude Marcourt de l'autre, la décision tombe : Louvain-la-Neuve accueillera, non pas le centre sportif de haut niveau prévu à l'origine, qui aurait coûté 70 millions d'euros, mais bien une salle d'athlétisme couverte (dont coût : 25 millions d'euros pour la Région). André Antoine assure que le reste des infrastructures suivra, dans la cité universitaire, quand les temps budgétaires seront plus cléments. Un avis qui est loin de faire l'unanimité dans la majorité wallonne. Le doyen de la faculté de sciences de la motricité à l'UCL et vice-président du COIB a été chargé, en 2010, de rédiger une étude analytique en matière sportive au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour cela, un peu plus de 100 000 euros lui ont été versés chaque année depuis lors. Cette étude, qu'André Antoine qualifiait de " bien avancée " en novembre 2010, n'est toujours pas terminée. Elle le sera pour la fin de la législature, précise-t-il, et espère qu'elle servira au ministre suivant... pour autant qu'il s'en serve. ? L.V.R.