Problème fréquent chez les adeptes de la course à pied, les lésions sont aussi la première cause d'abandon de la pratique sportive. Pourtant, certains ne semblent pas ou guère se blesser ; ils semblent bien avoir des choses à nous apprendre, souligne Irene Davis, chercheuse spécialisée dans le domaine de la course à pied à la faculté de médecine d'Harvard. En s'intéressant de plus près à leurs mouvements, elle s'est aperçue que ces personnes avaient tendance à courir en douceur. " Le corps humain est taillé pour la course mais, malheureusement, nous ne nous y prenons pas tous de la bonne manière ", commente la spécialiste. La faute, d'après elle, au décalage entre le corps humain et son environnement, qui évolue beaucoup plus vite que lui. Nos chaussures de course sophistiquées, par exemple, soutiennent si bien le pied que certaines de ses structures finissent par s'affaiblir et risquent la surcharge dès que la dose d'exercice augmente un peu t...

Problème fréquent chez les adeptes de la course à pied, les lésions sont aussi la première cause d'abandon de la pratique sportive. Pourtant, certains ne semblent pas ou guère se blesser ; ils semblent bien avoir des choses à nous apprendre, souligne Irene Davis, chercheuse spécialisée dans le domaine de la course à pied à la faculté de médecine d'Harvard. En s'intéressant de plus près à leurs mouvements, elle s'est aperçue que ces personnes avaient tendance à courir en douceur. " Le corps humain est taillé pour la course mais, malheureusement, nous ne nous y prenons pas tous de la bonne manière ", commente la spécialiste. La faute, d'après elle, au décalage entre le corps humain et son environnement, qui évolue beaucoup plus vite que lui. Nos chaussures de course sophistiquées, par exemple, soutiennent si bien le pied que certaines de ses structures finissent par s'affaiblir et risquent la surcharge dès que la dose d'exercice augmente un peu trop rapidement. " Les coureurs débutants n'ont pas du tout conscience que chaque kilomètre parcouru représente 600 à 700 réceptions sur chaque pied. Pour les encaisser sans se blesser, toutes les structures des pieds, des chevilles et des jambes doivent être bien entraînées. " Et pour cela, il faut y aller progressivement. D'autres facteurs contribuent également au risque de lésions : outre la vitesse et la distance, la technique de course aussi a son importance, souligne Bart Dingenen, kinésithérapeute rattaché à l'université d'Hasselt et au cabinet de groupe Motion to Balance à Genk, qui accompagne des coureurs au quotidien. Chaque pas inflige en effet à notre corps une charge pouvant atteindre deux ou trois fois notre poids ; notre manière de courir déterminera non seulement l'ampleur de ces forces, mais aussi la manière dont elles se répartissent sur les structures de nos jambes (principalement sur la cheville ou au contraire sur le tibia, le genou ou la hanche). D'après des études de suivi prolongées réalisées sous la direction de Bart Dingenen chez des coureurs non blessés, les lésions semblent être favorisées par une série de facteurs tels qu'un mouvement du genou vers l'intérieur, une réception trop dure ou encore de grandes enjambées/une faible cadence (nombre de pas par minute). " Adapter sa technique peut alors être souhaitable, même si ce n'est pas forcément évident, précise l'expert. Il faudra aussi faire très attention à ne pas surcharger une zone en essayant d'en décharger une autre. Comme celui qui court depuis des années et s'est toujours réceptionné sur le talon sans aucun problème, mais qui aimerait passer à une réception plus douce sur l'avant du pied. Ce n'est pas forcément une bonne idée : solliciter du jour au lendemain une structure qui n'a jamais beaucoup travaillé, c'est chercher les ennuis ! C'est un peu comme si je décidais qu'à partir de demain, je vais courir sur les mains. Si vous lui laissez le temps, votre corps va s'adapter... mais il faut vraiment y aller doucement. " Comment faire, alors, pour se réceptionner plus doucement sans risque ? " Essayez de limiter la longueur des foulées. La plupart des gens en font environ 160 par minute, les coureurs de haut niveau 180. Ceux dont la technique de course est moins efficiente ont tendance à faire de longues enjambées, avec un choc plus important à la réception parce que le pied atterrit plus loin vers l'avant et freine à chaque pas le corps dans son élan. Avec des enjambées plus petites, le pied se pose plus près de votre centre de gravité. C'est ce que font les coureurs de haut niveau ; ils sont ainsi moins freinés à la réception et se propulsent aussi plus énergiquement. " Trouver son rythme optimal n'est toutefois pas simple, avertit l'expert, qui déconseille aussi d'essayer d'adapter sa technique de course sans aide. Faites appel à un spécialiste possédant une large expérience dans le domaine - notamment - de l'analyse de la course, de la biomécanique, du développement de l'entraînement, de la prévention des lésions, etc. " Bien souvent, il sera question d'infimes différences qu'il faudra identifier au cas par cas, car nous sommes tous différents. Il n'y a pas de solution universelle. "