KNOKKE-HEIST

Jusqu'au 7 juin, le centre culturel (Scharpoord) organise son Festival de la photographie. Invité de marque : Marcel Broodthaers avec un ensemble qui met en relation ses photographies et l'écriture entre 1957 et 1976. Rappelons qu'avec son ami Beuys il avait dessiné, sur le sable de la plage à marée basse, un projet de son célèbre musée des Aigles qu'il avait ensuite photographié avant de l'abandonner à l'appétit de la mer.
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Jusqu'au 7 juin, le centre culturel (Scharpoord) organise son Festival de la photographie. Invité de marque : Marcel Broodthaers avec un ensemble qui met en relation ses photographies et l'écriture entre 1957 et 1976. Rappelons qu'avec son ami Beuys il avait dessiné, sur le sable de la plage à marée basse, un projet de son célèbre musée des Aigles qu'il avait ensuite photographié avant de l'abandonner à l'appétit de la mer. Frans Masereel naît un jour gris de l'été 1889 dans une des villas du front de mer. C'est alors un village de pêcheurs comme le raconte si bien Joris Van Parys dans une monographie aujourd'hui parue en français (Luc Pire éd.) mais aussi la première digue d'Europe à être éclairée à l'électricité. Y vient donc le beau monde, qui, des grands hôtels (de Venise, de l'Océan ou de l'Univers), gagnent le soir venu le tout nouveau casino alors que la misère est bien là, juste derrière. Est-ce déjà là ou plus tard à Gand, où grèves et manifestations sont si durement réprimées, que Masereel décide d'être du côté des pauvres ? Ses gravures sur bois font de lui l'un des grands maîtres de l'estampe du début du xxe siècle. A l'occasion du 120e anniversaire de sa naissance, le casino de sa ville natale organise du 1er juillet au 4 octobre une vaste rétrospective. Ostendais d'origine, Raoul Servais s'impose dans les années 1960 comme un des maîtres absolus du film d'animation dont il avait eu, à 5 ans, la révélation en visionnant Félix le Chat. Nourri par ses rencontres avec René Magritte et Henri Storck, il opte pour des sujets où l'étrange, voire le fantastique, cohabite toujours avec la peur des autoritarismes aveugles. De Lumières du port (1960), son premier film d'animation à Jours d'hiver (2004), sa créativité n'a de cesse de se renouveler au fil des ans. Entre Chromophobia (1966), Sirène, Harpya (qui obtient en 1979 la palme d'or du court-métrage au Festival de Cannes) à Taxandria (1997) ou Papillon de nuit (primé au Festival d'Annecy), son univers singulier méritait bien cet hommage (Staf Versluyscentrum, du 5 avril au 6 septembre). www.fotofestival.be www.blankenberge.be/masereelendezee www.bredene.beGuy Gilsoul