Le Vif/L'Express : En frappant Bruxelles comme il le fait, l'Etat islamique ne scie-t-il pas une des branches européennes sur lesquelles on le disait confortablement assis ?

Rik Coolsaet : Imaginer cela serait peut-être surestimer les capacités ou la cohérence des activités extérieures de Daech... Car on ne sait toujours pas si ces attaques en Europe occidentale procèdent d'une stratégie organisée à partir du centre nerveux de Daech, au Moyen-Orient. Quelle est la matrice de tous ces attentats, depuis celui de Nemmouche au Musée juif de Belgique, à Bruxelles ? Un réseau francophone, belge et français, composé de gens qui se sont rencontrés en Syrie dans ce que l'on appelle une " katiba ", ces unités combattantes organisées sur base linguistique dès lors que la plupart des volontaires ne parlent pas l'arabe. Ce réseau s'appuie ensuite ici sur d'autres réseaux, de famille, d'amis ou d'anciens terroristes. C'est tout ce dont on est certain. En d'autres termes se pose une question : Daech se comporte-t-il de manière opportuniste, en s'attribuant des actes perpétrés par des gens avec qui il n'a plus de vrai contact, ou s'agit-il d'une stratégie bien pensée ? On n'a pas vraiment de réponse, parce que le fonctionnement ...