Chaque année, le Centre de la gravure de La Louvière organise un prix, assorti d'une exposition, pour stimuler la création émergente. L'initiative révèle une jeune garde de l'image imprimée se tenant loin des attentes formatées du marché. La bonne nouvelle, c'est qu'en dépit de la crise sanitaire, cette 29e édition a été maintenue, même si l'ince...

Chaque année, le Centre de la gravure de La Louvière organise un prix, assorti d'une exposition, pour stimuler la création émergente. L'initiative révèle une jeune garde de l'image imprimée se tenant loin des attentes formatées du marché. La bonne nouvelle, c'est qu'en dépit de la crise sanitaire, cette 29e édition a été maintenue, même si l'incertitude quant à la possibilité de pouvoir la montrer au public a longtemps plané au-dessus d'Emmanuel Lambion, le nouveau directeur, et son équipe. Prolongée jusqu'au 14 février, cette programmation vivifiante se découvre particulièrement féconde: une sélection de 59 artistes-graveurs, entre 25 et 45 ans, découpée parmi une nonantaine de candidatures. Le parcours (au niveau 3 du lieu) se découvre généreux en matière d'approches et de techniques. Preuve de la richesse de l'édition, en plus de la récompense ultime, attribuée à Paul de Toytot pour ses Mauvaises herbes, une oeuvre végétale ponctuée d'inclusions dans lesquelles le regard se perd, le jury a attribué deux mentions. Océane Vallot signe Office Work, cinq eaux-fortes à la fois délicates et offensives, ne serait-ce que parce qu'elles sont accrochées de manière à ce que les pointes acérées des fixations soient dirigées vers le regardeur. Le tout pouvant être compris comme une illustration d'un statut plus précaire que jamais. Enfin, et c'est notre coup de coeur, Roman Couchard, talent originaire de Dohain-Limbourg, sidère avec 300 H 300 E, une gravure aussi virtuose que monumentale (360 cm x 200 cm), réalisée à la pointe sèche sur une matrice en plexiglass, qui restitue toute la tentaculaire beauté du patrimoine industriel liégeois.