Pignon sur rue

09/01/19 à 21:00 - Mise à jour à 14:07
Du Le Vif/L'Express du 10/01/19

Brouillé avec l'art urbain ? Exposée au Botanique, à Bruxelles, l'oeuvre d'Ernest Pignon-Ernest réconcilie avec le street art à travers des images qui sortent des murs pour venir à notre rencontre.

Nombreux sont les visiteurs qui passeront à côté de cette oeuvre sans même la remarquer. Elle ouvre de manière symptomatique Empreintes (1), le parcours que Le Botanique consacre à Ernest Pignon-Ernest (1942), pionnier de l'art urbain à la carrière et aux prises de position exemplaires. Il s'agit d'un minotaure peint sur un papier journal. La pièce ne se trouve pas là par hasard. Elle dit la figure paternelle, celle de Picasso, avec laquelle l'artiste a dû en découdre pour exister sur la scène plastique. A l'origine de l'oeuvre de Pignon-Ernest, il y a le constat d'un échec, qu'il formule en ces mots : " J'ai très vite su que je ne peindrais jamais Guernica ", devant un parterre de journalistes séduits par la simplicité du personnage. Enclenchons la marche arrière temporelle. Nous sommes en 1966. Formé à la peinture, le jeune homme qu'il est alors se pose d'autant plus de questions que l'actualité vient frapper à la porte de son petit atelier de Méthamis, dans le Vaucluse. A quelques encablures de son lieu de création, sur le plateau d'Albion, la force nucléaire française choisit d'implanter sa puissance de destruction. " J'étais bouleversé. J'ai réalisé que la peinture elle-même échouerait à rendre compte d'un phénomène aussi puissant que celui-là :...

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