"Incompréhensible, l'attitude de Groen ! Même les électeurs de ce parti se posent des questions. " Plus de six semaines après la formation d'une jamaïcaine flamande à Bruxelles, Pascal Smet (SP.A) n'a pas encore digéré son éviction du gouvernement Picqué. Il assure ne pas en vouloir à son éternel adversaire politique Guy Vanhengel (Open VLD), qui a conclu, sur les chapeaux de roues, un accord avec le CD&V et Groen pour former la majorité flamande en Région bruxelloise, avant d'être promu au poste de vice-Premier du gouvernement fédéral. En revanche, l'ex-ministre bruxellois de la Mobilité n'a pas de mots assez durs pour accabler les verts flamands, accusés d'avoir " trahi la gauche et renié le projet commun de ville ...

"Incompréhensible, l'attitude de Groen ! Même les électeurs de ce parti se posent des questions. " Plus de six semaines après la formation d'une jamaïcaine flamande à Bruxelles, Pascal Smet (SP.A) n'a pas encore digéré son éviction du gouvernement Picqué. Il assure ne pas en vouloir à son éternel adversaire politique Guy Vanhengel (Open VLD), qui a conclu, sur les chapeaux de roues, un accord avec le CD&V et Groen pour former la majorité flamande en Région bruxelloise, avant d'être promu au poste de vice-Premier du gouvernement fédéral. En revanche, l'ex-ministre bruxellois de la Mobilité n'a pas de mots assez durs pour accabler les verts flamands, accusés d'avoir " trahi la gauche et renié le projet commun de ville ". Pascal Smet ne se plaint pas pour autant de son sort personnel. Devenu ministre flamand de l'Enseignement à la place du dégommé Frank Vandenbroucke, il hérite aussi de la Jeunesse, de l'Egalité des chances et des Affaires bruxelloises. " Après avoir pu provoquer, ces cinq dernières années, la rupture avec la politique du tout-à-l'auto dans la capitale, me voici à la tête du département le mieux doté de l'équipe Peeters II. L'enseignement, c'est 9,2 milliards d'euros, soit près de 40 % du budget du gouvernement flamand. Chargé de l'enseignement maternel, primaire, secondaire et supérieur, je suis, en quelque sorte, le ministre de l'avenir ! "Que répond Pascal Smet à ceux qui mettent en doute ses compétences en matière d'enseignement, tout comme ils ont critiqué sa collègue Joke Schauvliege (CD&V), nouvelle ministre régionale de la Culture, pour sa méconnaissance du terrain ? " M'a-t-on demandé si j'avais été conducteur de tram quand je suis devenu ministre de la Mobilité ?, réplique-t-il. Certes, je n'ai jamais été prof, mais j'ai été sauvé par un enseignant. A douze ans, en première année secondaire, je n'en sortais pas. Un prof de géo et d'histoire, mon titulaire, est venu à la maison pour m'aider. "Jamais en manque d'idées, Smet ne compte pas faire de la figuration au sein du gouvernement flamand. " En tant que fils d'une famille d'ouvriers, j'adhère au projet flamand de lancer une nouvelle démocratisation de l'école. Trop peu d'élèves issus de milieux défavorisés et immigrés parviennent à entrer dans le supérieur. Il faut repenser tout notre enseignement secondaire. " Smet continuera aussi à plaider pour la création d'un enseignement bilingue à Bruxelles, organisé par les deux communautés. " Comme ministre flamand des Affaires bruxelloises, mon rôle sera celui d'un ambassadeur, indique-t-il. Je vais essayer de promouvoir l'image de la Région bruxelloise en Flandre, où beaucoup d'hommes politiques n'aiment pas Bruxelles, et tenter d'améliorer l'accueil des Flamands dans la capitale. "Smet, qui se disait ces dernières années " pas Flamand, mais Bruxellois néerlandophone ", ne risque-t-il pas de se retrouver isolé dans un gouvernement flamand marqué par la présence des nationalistes du NV-A ? " Lors des négociations pour l'accord de gouvernement, je n'ai pas entendu de points de vue scandaleux sur Bruxelles. On verra comment se comporte le NV. A ces prochains mois. " Le ministre SP.A continuera-t-il à prôner l'élargissement de Bruxelles ? Ce point de vue lui avait valu des réactions négatives jusqu'à l'intérieur de son parti. " S'il faut retirer 1 % du territoire de la Flandre, est-ce la fin du monde ?", avait-il notamment déclaré. Le voilà plus prudent sur la question : " Désormais, je m'en tiens à l'accord de gouvernement conclu en Flandre et à la position officielle du SP.A ".Olivier Rogeau " Je suis, en quelque sorte, le ministre de l'avenir ! "