A la radio, un responsable de l'industrie aéronautique affirme que le transport aérien ne contribue qu'à raison de 3 à 4% des émissions de CO2 et que, de toute façon, la durée de vie d'un avion étant de trente ans, il vaut mieux adapter les avions actuels à l'utilisation de carburants de synthèse, la constructio...

A la radio, un responsable de l'industrie aéronautique affirme que le transport aérien ne contribue qu'à raison de 3 à 4% des émissions de CO2 et que, de toute façon, la durée de vie d'un avion étant de trente ans, il vaut mieux adapter les avions actuels à l'utilisation de carburants de synthèse, la construction de nouveaux appareils étant plus dommageable pour l'environnement. Un peu plus tard, j'entends que le trafic aérien entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre. Que penser et, surtout, faire ou ne pas faire? [...] Nous sommes aussi, actuellement, soumis à une campagne de promotion de la voiture électrique, parée de toutes les vertus. Si je reprends l'argument des avionneurs, pourquoi ne pas plutôt inciter les automobilistes à garder leur voiture le plus longtemps possible, vu la consommation de matières premières et d'énergie qu'engendre la production d'une nouvelle voiture? [...] Je me rappelle ce que disait, dans les années 1970, mon professeur d'écologie: "J'ai acheté une 504 diesel parce que c'est mieux pour l'environnement." Et en effet, le diesel a été subventionné par l'Etat (comme encore le kérosène des avions) pendant des décennies, avant d'être banni aujourd'hui. Ne reproduit-on pas la même erreur? Mon sentiment (j'espère me tromper) est que ce sont les constructeurs qui dictent leur loi, après avoir investi aujourd'hui dans la voiture électrique, comme hier dans le moteur diesel. Or, il est possible de bien vivre sans (trop) consommer, donc sans (trop) polluer, à condition de ne pas écouter le chant des sirènes.