On connaissait déjà la reductio ad Hitlerum, il faudra désormais s'habituer à la reductio ad pyramidem. Ainsi, désormais, à chaque fois que le promoteur d'une incongruité architecturale ou paysagère essuie quelques critiques revient la même mauvaise analogie avec la pyramide du Louvre. ...

On connaissait déjà la reductio ad Hitlerum, il faudra désormais s'habituer à la reductio ad pyramidem. Ainsi, désormais, à chaque fois que le promoteur d'une incongruité architecturale ou paysagère essuie quelques critiques revient la même mauvaise analogie avec la pyramide du Louvre. Vous déplorez que la citadelle de Namur, monument historique classé, soit défigurée et ringardisée par d'épouvantables pylônes métalliques, pas de doute, vous vous seriez opposé à la construction de la pyramide du Louvre. Bien que tacite, la suite du raisonnement est (elle aussi) mécanique: vous êtes hostile au changement, donc au progrès. Passons sur le fait que certaines choses sont belles en soi et n'ont pas besoin d'être dénaturées et revenons à l'analogie bancale. Car enfin, ce téléphérique n'est en rien une nouveauté. Il s'agit simplement d'une version ratée et disproportionnée d'une attraction qui existait autrefois. Soit le retour de l'ancien, l'hubris en plus. En outre, on peut se demander si subventionner un opérateur privé à hauteur de 600 000 euros l'an - soit environ cinq euros par passager, si les très optimistes prévisions de fréquentation sont jamais atteintes - va dans le sens du progrès collectif. On se trompe dès lors d'analogie et le nouveau téléphérique tient bien moins de la pyramide du Louvre que d'une tyrolienne sur le Colisée. Voici peut-être une suggestion à formuler dans le cadre d'un prochain jumelage.