Le corps humain vivant et en action est entré dans les musées et les galeries d'art à la faveur de l'essor de la performance (début du xxe siècle). Ces dernières années ont connu des exemples marquants de chorégraphes distillant leurs créations dans les temples traditionnellement réservés aux arts plastiques, comme Tino Sehgal, qui a remporté le Lion d'or de la Biennale de Venise en 2013 pour son installation de corps chantant, assis ou couchés dans " l'exposition " Il Palazzo Enciclopedico, ou comme Anne Teresa De Keersmaeker montrant sa chorégraphie Work/Travail/Arbeid pendant deux mois au Wiels, à Bruxelles, ou dansant elle-même son solo Violin Phase au MoMA de New York. Avec Performing Art, présenté au Kaai dans le cadre de Performatik, biennale bruxelloise dédiée à la performance (1), le jeune chorégraphe français Noé Soulier ( Les Vagues, faits et gestes) effectue le mouvement inverse : ce sont ici les oeuvres d'art qui sortent du musée pour entrer dans la salle de spectacle. Une vingtaine de pièces issues des collections du Centre Pompidou de Paris sont installées puis désinstallées sur scène devant le spectateur immobile. De quoi constituer une suite de " tableaux ", comme autant de salles d'une exposition qui, au lieu d'être traversées par le visiteur, se relaieraient ...