Ayant lu attentivement le dossier que vous avez consacré aux médecines douces ( Le Vif/L'Express du 9/2), je me permets d'insister sur quelques points. Le recours à ces pratiques, parmi lesquelles l'homéopathie, l'ostéopathie, la chiropraxie et l'acupuncture dont la valeur thérapeutique n'est pas démontrée scientifiquement, peut parfois être extrêmement préjudiciable à la santé et devrait donc être plutôt découragé que favorisé. L'engouement du public pour les médecines parallèles, pas plus que son attrait pour les sectes, ne justifie leur remboursement par les mutualités.
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Ayant lu attentivement le dossier que vous avez consacré aux médecines douces ( Le Vif/L'Express du 9/2), je me permets d'insister sur quelques points. Le recours à ces pratiques, parmi lesquelles l'homéopathie, l'ostéopathie, la chiropraxie et l'acupuncture dont la valeur thérapeutique n'est pas démontrée scientifiquement, peut parfois être extrêmement préjudiciable à la santé et devrait donc être plutôt découragé que favorisé. L'engouement du public pour les médecines parallèles, pas plus que son attrait pour les sectes, ne justifie leur remboursement par les mutualités. Comme vous le faites remarquer, la loi du 29 avril 1999 relative aux pratiques non conventionnelles n'est pas encore d'application puisque ses arrêtés d'application n'ont pas été publiés. L'empressement des mutualités est donc surprenant, d'autant plus que, alors que les traitements de kinésithérapie ne sont remboursés que s'ils sont prescrits par un docteur en médecine, elles n'imposent pas cette mesure à leurs membres consultant un ostéopathe, un chiropracteur ou un acupuncteur. Un nombre non négligeable de ces praticiens n'étant pas médecins, n'étant parfois même pas titulaires d'un diplôme d'études supérieures et n'ayant suivi qu'un enseignement et des stages non reconnus en Belgique, la politique des mutualités, probablement dictée par des impératifs commerciaux, s'apparente à un soutien à l'exercice illégal de l'art de guérir et pénalise les thérapeutiques conventionnelles actuellement non ou insuffisamment remboursées.Ayant l'habitude de recourir tantôt à la médecine, tantôt à l'ostéopathie, je ne peux pas taire l'inquiétude que m'inspirent les conclusions qui seront tirées de la recherche menée à la faculté de médecine de l'ULB sous la direction du Pr Marcel Rooze. Avant même que la recherche n'ait eu lieu, on voit dans ses propos - tels qu'ils sont rapportés dans votre article - se profiler la future réponse réservée à ces osthéopathes qui "se disent demandeurs d'une objectivation" ( sic). Il y est dit qu'en cas de résultat favorable à l'ostéopathie "nous ne refusons pas de priver les patients de soins donnés par des thérapeutes compétents". (...) Dans quel esprit sera donc menée cette recherche de la médecine sur cette discipline parallèle? Les patients ont compris qu'il leur appartient de ne pas "se laisser priver" par qui que ce soit en raison de la "guéguerre" que mènent certains médecins aux disciplines qui échappent à leur omnipotence. Je trouve également regrettable de parler dans le même article de l'ostéopathie et de ces approches fantaisistes que vous citez sous le titre "patamédecine". Ce mélange nourrit la confusion, en mettant sous un dénominateur commun des pratiques, que vous appelez très justement grotesques ou délirantes, et l'ostéopathie, qui, comme on le sait, requiert une solide formation de base. Cependant, afin d'assurer une réelle protection aux personnes désireuses de recourir à cette discipline, une démarche constructive serait de séparer le bon grain de l'ivraie en veillant à ce que ces pratiques ne puissent pas être exercées par des usurpateurs du titre.Pierre Dor, Bruxelles.,M. Csiszér, Liège.