Vivalia, c'est une machine de santé énorme, qui depuis 2009 gère hôpitaux et maisons de repos, emploie 3 300 personnes et travaille avec 400 médecins spécialisés. Bertrand Lespagnard, 40 ans, échevin depuis seize ans à Marche-en-Famenne (17 426 habitants), connaît bien la structure. Dès le départ, il en a été, au titre de conseiller provincial liégeois, administrateur et membre du comité de gestion. En avril 2010, il a été engagé comme responsable de la logistique. Ainsi devenu membre du personnel, il a logiquement démissionné de son poste d'administrateur : il ne pouvait en effet pas être en même temps contrôlé et contrôleur, travailler dans l...

Vivalia, c'est une machine de santé énorme, qui depuis 2009 gère hôpitaux et maisons de repos, emploie 3 300 personnes et travaille avec 400 médecins spécialisés. Bertrand Lespagnard, 40 ans, échevin depuis seize ans à Marche-en-Famenne (17 426 habitants), connaît bien la structure. Dès le départ, il en a été, au titre de conseiller provincial liégeois, administrateur et membre du comité de gestion. En avril 2010, il a été engagé comme responsable de la logistique. Ainsi devenu membre du personnel, il a logiquement démissionné de son poste d'administrateur : il ne pouvait en effet pas être en même temps contrôlé et contrôleur, travailler dans l'intercommunale et y veiller aux intérêts particuliers de la province. Il a même poussé l'élégance plus loin puisqu'il a démissionné du conseil provincial, alors que rien ne l'y obligeait. C'était " une obligation morale ", dit-il. Fin mars dernier, il est monté en grade et a été nommé directeur général adjoint de Vivalia. Mais les élections d'octobre prochain marquent un tournant puisqu'il sera désormais interdit de cumuler le mandat d'échevin (ou bourgmestre, ou président de CPAS, ou député provincial) et une fonction dirigeante dans une intercommunale dans laquelle la commune (ou la province) est associée. " Ce n'est pas certain, les arrêtés d'application ne sont pas encore sortis ", rétorque Bertrand Lespagnard à qui la situation actuelle convient fort bien. A la tête de la liste libérale, il espère un bon score qui permettrait au MR de repartir dans l'alliance actuelle (et qui dure depuis trente ans) avec le CDH, et à lui-même de conserver un mandat d'échevin. Mais si, et cela ne fait guère de doute car il n'y aura pas d'arrêté, l'exercice simultané des deux fonctions est interdit, il faudra faire un choix ? " Alors ce sera la politique, répond-il, et je choisirai une autre orientation professionnelle. La politique, c'est ma passion et mon hobby, je n'ai pas envie d'arrêter. " D'autant moins qu'il lorgne également le parlement wallon. Depuis 2009 en effet, le Nord-Luxembourg ne compte plus de député MR, l'effet Lutgen ayant permis au CDH de monter à deux sièges. L'un de ceux-ci est occupé par le suppléant de Benoît Lutgen qui n'est autre que l'inoxydable bourgmestre de Marche André Bouchat, 72 ans. Cette machine à voix avait permis à son parti de remporter aux dernières communales une majorité absolue de 57 %. Pour 2012, il s'est placé en queue de liste, mais est tout de même candidat à sa propre succession (qui pour lui ne fait pas de doute) et a déjà annoncé qu'il démissionnera fin 2015, et qu'il ne se représentera pas aux régionales de 2014. La perspective de ce champ doublement libre explique-t-elle le choix de Bertrand Lespagnard en faveur de la politique ? " Cela rend le challenge d'autant plus important ", répond-il. Pas d'amertume apparente donc pour l'échevin, qui considère que, dans l'absolu, ce décret d'incompatibilité est " un bon décret ". Sauf que... " Si une commune est actionnaire à 0,1 % dans une intercommunale, le fait pour le directeur de celle-ci d'être échevin dans celle-là ne modifierait en rien son comportement. Il en va évidemment autrement si une commune dispose de 10 %, ou d'une minorité de blocage, voire d'une majorité. Mais on aurait pu moduler. "M.D.