Un vendredi soir au Théâtre de la Toison d'Or. La grande salle n'accueille qu'une trentaine de spectateurs. " Effet covid " explique Marc Ysaye après une heure et trente minutes de scène. Un rien déçu par la maigreur du public mais décidé à mener à bien le présent engagement dans ce lieu bruxellois où il a déjà donné à plusieurs reprises des conférences. Sur l'histoire du rock, Woodstock et la concurrence entre les Beatles et les Stones .
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Un vendredi soir au Théâtre de la Toison d'Or. La grande salle n'accueille qu'une trentaine de spectateurs. " Effet covid " explique Marc Ysaye après une heure et trente minutes de scène. Un rien déçu par la maigreur du public mais décidé à mener à bien le présent engagement dans ce lieu bruxellois où il a déjà donné à plusieurs reprises des conférences. Sur l'histoire du rock, Woodstock et la concurrence entre les Beatles et les Stones . Le mot conférence semble incongru, voire un peu fané, mais il reflète un spectacle où l'ex-directeur de Classic 21 - à la retraite depuis février 2019 - navigue entre un docte pupitre et un siège installé devant une table et un second pose-fesses, place de l'absent John Lennon. C'est la disposition qui accueille les séquences où Ysaye " interviewe " le Beatles mort, présent en off via la voix d'un comédien : " Le dialogue a été écrit et imaginé par l'un de mes amis, qui est psychiatre, d'où certaines questions qui tiennent peut-être davantage de ce registre-là que du journalisme. " Ces moments-là, justement - quelques minutes dans le show -, sont probablement ceux qui s'éloignent le plus du flow naturel de Marc Ysaye, celui de l'émission dominicale qui a blindé sa popularité radio, Les classiques. Ado des sixties, né tout début 1954, l'arrière- petit-fils du violoniste et compositeur Eugène Ysaÿe oublie l'ambiance familiale parfois compliquée dans le pop-rock alors triomphant. Les Beatles devenant une madeleine pour la vie. " J'ai un amour inconditionnel pour le groupe, pour Lennon, et je me suis rendu compte que cela allait être le 80e anniversaire de sa naissance, le 9 octobre, et que l'on se rapprochait du 40e anniversaire de son assassinat, survenu à New York le 8 décembre 1980. " Le titre du show, Lennon : The Last Day, est un rien trompeur dans la mesure où seuls quinze à vingt minutes de la conférence sont réellement consacrées à la fatidique et ultime journée new-yorkaise. Celle où Mark Chapman, fan dérangé de Lennon et des Beatles, va abattre en fin de soirée son idole de cinq coups de. 38 Smith & Wesson Special, après l'avoir croisé l'après-midi au même endroit - le trottoir devant le Dakota, résidence de John et Yoko - signant des autographes. Sordide et brutale affaire qu'Ysaye aborde en fin de séance, après avoir posé les bases de l'histoire. " J'ai voulu expliquer d'où venait John et comment il était devenu le Lennon post-Beatles, après cette séparation du groupe qui, contrairement à ce qui a été beaucoup dit, n'a pas été causée par Yoko Ono. Je pense que si on ne gardait que la dernière journée - c'est ce que l'on vend - ce serait un peu trop pointu, un peu compliqué. J'aime bien l'idée de garder les choses avec un angle populaire. " L'heure et demie de spectacle démarre donc sur la naissance à Liverpool de John, le père absent, la mère précocement tuée par une voiture, de la tante Mimi et la maison de Menlove Avenue. La rencontre avec McCartney et les autres, et puis la route rapidement pavée d'or, vers une gloire sixties inouïe. Jusqu'au split du quatuor, les tensions qui en résultent, la réconciliation et cette dernière fatale journée new-yorkaise où, le matin, a lieu une séance photo menée par Annie Leibovitz. Qui donnera l'une des images iconiques de Lennon, nu et en position foetale sur une Yoko habillée. Une conclusion, Marc ? " Je ne suis pas comédien, ce n'est pas mon métier. Mais être en scène est d'une toute autre teneur que de faire de la radio. Parfois, il y a cent mille auditeurs pour l'émission Les classiques que je continue à présenter sur Classic 21, mais on ne les voit pas. La relation est toute différente dans un théâtre où je sens quand l'émotion passe, ou pas, les rires ou pas. Et puis, je suis impatient de partir en tournée avec ce spectacle... "