Nombre d'admissions à l'hôpital ou aux soins intensifs, nombre de cas avérés, guéris, testés, etc. Lequel de ces indicateurs est le plus fiable pour qualifier l'évolution de l'épidémie ?
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Nombre d'admissions à l'hôpital ou aux soins intensifs, nombre de cas avérés, guéris, testés, etc. Lequel de ces indicateurs est le plus fiable pour qualifier l'évolution de l'épidémie ?Niko Speybroeck, épidémiologiste et professeur, et Catherine Legrand, bio- statisticienne et professeure : Une épidémie est un processus compliqué et ne peut pas se résumer par un seul indicateur. Le nombre de cas confirmés donne une indication de l'étendue de l'épidémie mais ne représente que la partie visible de l'iceberg. En effet, ce nombre ne prend pas en compte les cas non testés. Deux autres indicateurs sont le nombre d'admissions à l'hôpital et aux soins intensifs. Le premier donne aussi une idée de l'ampleur de l'épidémie tandis que le second se concentre sur la pression sur les soins intensifs. Attention, pour un même indicateur, différentes définitions peuvent être appliquées. Le nombre de décès par jour peut sembler être l'indicateur le plus fiable mais en réalité la question de la définition de cet indicateur se pose également. Comptabilise-t-on les cas " suspects " ou uniquement les décès parmi les personnes testées positives ? Que faire des décès indirects, par exemple les personnes décédées d'une autre cause car elles n'ont pas osé se rendre à l'hôpital ou se sont suicidées, ne supportant pas la solitude du confinement ? Un autre indicateur est le taux de reproduction effectif, qui correspond au nombre moyen d'individus qu'une personne porteuse va infecter. Il dépend à la fois de la virulence du virus mais aussi du contexte global, notamment des mesures de confinement. En Belgique, il a maintenant chuté. Serait-il possible de communiquer les CV de nos ministres afin d'accepter ou non l'adéquation de leurs successives nominations ?Docteur Benjamin Biard, chargé de recherche au Crisp et chargé de cours à l'UCLouvain :Une grande partie des députés qui accèdent à un premier mandat en Belgique sont issus du sérail politique. En d'autres termes, avant leur première élection, ils travaillaient au sein d'un cabinet ministériel, auprès d'un parlementaire, pour le compte d'un parti ou encore dans le centre d'études d'un parti. Bien évidemment, d'autres catégories socio- professionnelles sont aussi représentées au Parlement (et au gouvernement, puisque les ministres sont généralement désignés parmi les parlementaires), au premier rang desquelles les cadres du secteur privé. Cela signifie qu'il est difficile d'assurer une cohérence parfaite entre le milieu professionnel duquel sont issus les hommes et femmes politiques et les dossiers qu'ils sont amenés à gérer en priorité. Néanmoins, n'oublions pas que chaque ministre est entouré d'un cabinet qui l'épaule dans la gestion de ses dossiers et que leur travail repose aussi sur la consultation de nombreux acteurs non politiques. Ensuite, vient la question du jeu de chaises musicales qui peut s'opérer au sein des gouvernements successifs. Concrètement, il appartient au président du parti le plus important de choisir un premier portefeuille, puis au suivant un autre, et ainsi de suite. Selon le nombre de partis qui forment cette majorité, selon leurs poids électoral, selon leur idéologie et selon les stratégies politiques qu'ils peuvent développer, un même portefeuille ministériel peut ainsi être détenu par des ministres différents d'une législature à l'autre. Au-delà de cela, il est un fait que les gouvernements reflètent peu la société en matière d'âge, de genre, de capital scolaire ou de statut socio-professionnel. Cela n'est pas sans accroître encore la crise de la démocratie représentative déjà bien présente en Belgique et en Europe. Dans le contexte actuel, où des décisions parfois difficiles doivent être prises pour endiguer la pandémie de Covid-19, il est à parier que cela renforcera encore l'abstentionnisme et le vote pour les extrêmes.